Carnet personnel
Notes prises au fil des usages

Pourquoi une adresse IP Fizz peut-elle être localisée dans une autre ville ou province ? Mon téléphone était à Toronto, pas forcément sa sortie Internet

Adresse IP mobile mal localisée

Je n’ai pas découvert le problème sur une carte. Je l’ai découvert dans un navigateur. J’étais à Toronto depuis le matin, mon téléphone affichait la 5G Fizz et tout fonctionnait normalement. Appels, messages, données : rien ne me donnait l’impression d’être ailleurs.

Puis j’ai partagé la connexion du téléphone avec mon ordinateur et cherché quelque chose de banal. Le site m’a proposé Montréal. J’ai cru avoir mal formulé ma recherche. J’ai recommencé. Encore le Québec. Quelques minutes plus tard, une publicité en français est apparue sur un autre service. Puis un vérificateur d’adresse IP m’a situé à Montréal alors que j’étais assis à plusieurs centaines de kilomètres de là.

Cette fois, j’ai ouvert Maps sur mon téléphone. Le point bleu était exactement là où il devait être. Toronto. J’avais donc deux appareils connectés au même téléphone qui racontaient simultanément deux histoires différentes : le GPS disait Ontario ; l’adresse IP disait Québec.

Mon premier réflexe a été de penser que quelque chose fonctionnait mal chez Fizz. Mais la connexion fonctionnait parfaitement. C’était la notion de « localisation d’une IP » que j’avais mal comprise.

Résumé de l’article et adéquation du produit

Pourquoi l’IP peut-elle dire Montréal alors que le GPS dit Toronto ?

La ville associée à une adresse IP est une estimation de la sortie réseau, pas la position physique du téléphone. Sur un réseau mobile, un même bloc d’adresses peut servir à des utilisateurs dispersés et différentes bases GeoIP peuvent lui attribuer des lieux différents.

À retenir

  • Pour qui : les utilisateurs Fizz ou d’autres réseaux mobiles qui voient une mauvaise province dans des sites alors que Maps et le GPS donnent la bonne position.
  • Point clé : tester le même appareil en Wi-Fi puis via le partage mobile permet de distinguer une erreur de géolocalisation IP d’un problème de GPS.
  • Quand OnlydogVPN est pertinent : OnlydogVPN n’est pertinent ici que pour remplacer l’adresse IP publique présentée aux sites qui interprètent mal la sortie Fizz ; il ne sert pas à déplacer le GPS du téléphone.
  • Limite importante : si l’objectif exige une sortie dans une ville canadienne très précise, le service offre moins de régions que de grands fournisseurs ; un VPN ne corrige pas non plus la base GeoIP d’origine.

Sources déjà citées dans l’article : Fizz décrit son expansion canadienne, MaxMind explique les limites de la géolocalisation des réseaux mobiles, et Google décrit les différentes sources utilisées pour estimer une position.

Ce problème devient plus visible à mesure que Fizz sort du Québec

Quelques années plus tôt, j’aurais probablement moins remarqué ce décalage. Fizz a lancé ses services mobiles au Québec en 2018, puis son expansion canadienne en avril 2024.

Aujourd’hui, l’opérateur propose ses services mobiles au Québec, en Ontario, au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique, en utilisant notamment les infrastructures de Vidéotron et Freedom ainsi que des réseaux partenaires. Le réseau évolue encore : Fizz propose désormais la 5G dans plusieurs zones urbaines canadiennes. Cela crée une situation assez logique.

Quelqu’un peut avoir une SIM Fizz parfaitement légitime à Toronto, Calgary ou Vancouver sans que chaque base de données utilisée sur Internet associe automatiquement son adresse IP à cette même ville. Et parfois, cette différence cesse d’être une simple curiosité.

En janvier 2026, un utilisateur du forum Fizz vivant en Ontario expliquait que YouTube refusait de fonctionner normalement sur la connexion mobile Fizz alors que le même appareil fonctionnait sur le Wi-Fi ou avec une autre SIM. L’adresse utilisée sur le réseau Fizz semblait être interprétée comme québécoise. Un autre participant situé à Toronto racontait voir sa propre connexion localisée à Wotton, Montréal ou Mont-Royal. C’est ce qui m’a fait regarder mon propre problème autrement.

Je n’avais pas découvert une étrange propriété de mon téléphone. J’avais découvert la différence entre l’endroit où je me trouvais et l’endroit qu’un service attribuait à ma connexion Internet.

Une adresse IP n’est pas une balise GPS

J’imaginais inconsciemment qu’une adresse IP mobile fonctionnait un peu comme le GPS : tour cellulaire à Toronto → adresse IP de Toronto → Internet me voit à Toronto. Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne. L’adresse IP est fournie par le réseau qui transporte la connexion. Les services de géolocalisation essaient ensuite d’associer cette adresse — souvent avec tout un bloc d’adresses — à une zone géographique.

Ils ne regardent pas mon téléphone posé sur la table. Ils regardent la porte par laquelle mon trafic arrive sur Internet.

MaxMind, l’un des grands fournisseurs de données GeoIP, explique que les réseaux mobiles sont particulièrement difficiles à localiser avec précision : une même adresse peut être utilisée par des téléphones répartis sur une zone importante. C’est beaucoup plus simple à comprendre si l’on imagine l’IP comme le cachet d’un centre de tri.

Mon téléphone peut être à Toronto tandis que son trafic passe par une infrastructure que certaines bases associent au Québec. Le cachet dit quelque chose sur le trajet du courrier. Il ne donne pas l’adresse de la chaise sur laquelle je suis assis. Et comme les sites ne consultent pas tous exactement le même annuaire, deux services peuvent même tirer des conclusions différentes à partir de la même connexion.

Adresse IP mobile mal localisée
La carte et le téléphone illustrent l’écart entre position réelle et sortie Internet.

J’ai redémarré le téléphone pour rien

Avant de comprendre cela, j’avais déjà essayé la solution la plus intuitive. Mode avion. Attente. Reconnexion. Nouvelle vérification. Toujours le Québec. J’ai redémarré le téléphone. Même chose. Pendant quelques minutes, j’ai même regardé les réglages de l’eSIM, comme si un champ « province » caché quelque part avait été mal configuré.

Puis j’ai changé une seule chose. J’ai connecté l’ordinateur au Wi-Fi du bâtiment au lieu du partage Fizz. Actualisation du vérificateur d’IP. La localisation a changé. Retour au partage mobile. Le Québec revenait. Ce petit test a finalement été plus utile que tous mes redémarrages.

Le téléphone savait très bien où il était. Ce sont les sites qui ne disposaient que de mon adresse Internet qui essayaient de deviner. Et cette distinction allait décider de la suite.

Pourquoi Maps peut dire Toronto pendant qu’un site dit Montréal

Une fois qu’on sépare les sources de localisation, la contradiction disparaît presque entièrement. Google explique qu’une recherche peut estimer la position à partir de plusieurs éléments : la localisation de l’appareil, les adresses enregistrées dans le compte, l’activité précédente et l’adresse IP. Si une application a accès à la position précise du téléphone, elle peut très bien savoir que je suis à Toronto.

Un site qui regarde surtout l’IP peut, lui, me placer au Québec. J’ai alors compris que je n’avais surtout pas besoin de « corriger ma localisation » partout. Maps était déjà correct. Mon GPS était déjà correct. Je voulais seulement changer ce que voyaient les sites qui se fiaient à la mauvaise adresse IP.

C’est à ce moment-là qu’un VPN est devenu pertinent. Pas comme faux GPS. Comme autre porte de sortie vers Internet.

J’ai arrêté d’essayer de réparer l’adresse Fizz

Je pouvais continuer à activer le mode avion en espérant récupérer une adresse mieux classée. Je pouvais aussi attendre que les différentes bases GeoIP soient mises à jour. Aucune de ces options ne réglait mon problème maintenant. Il y avait une solution beaucoup plus directe : ne plus présenter cette adresse aux sites concernés.

J’ai ouvert OnlydogVPN sur l’ordinateur. Je ne cherchais pas à faire croire au téléphone qu’il se trouvait dans un autre pays. Au contraire, je voulais que sa position réelle reste exactement là où elle était. Je voulais seulement remplacer la sortie Internet que certains services interprétaient mal.

L’application met justement l’accent sur une connexion en une touche plutôt que sur une longue configuration. Je l’ai lancée. Puis j’ai refait les mêmes vérifications. Le navigateur ne présentait plus l’adresse Fizz. Et sur les services qui m’avaient poussé à faire le test, la localisation dérivée de l’IP n’était plus celle du Québec.

J’ai rouvert Maps. Toronto. Le point bleu n’avait pas bougé d’un mètre à cause du VPN. C’était exactement ce que je voulais. Le service avait changé l’adresse visible sur Internet, pas la position physique de mon appareil.

Le résultat le plus rassurant était ce qui n’avait pas changé

Au début de l’histoire, j’aurais probablement interprété le point bleu toujours présent à Toronto comme la preuve que le VPN n’avait pas « changé ma localisation ». Maintenant, j’y voyais précisément l’inverse. Le GPS et l’IP faisaient deux travaux différents.

Je pouvais garder ma vraie position pour Maps, les transports et les applications locales, tout en utilisant une autre sortie Internet lorsque l’adresse Fizz provoquait un mauvais classement géographique. Je n’avais pas corrigé la base de données qui associait mon ancienne IP au Québec.

Je n’en avais plus besoin pour cette session. C’était une solution beaucoup plus immédiate à un problème qui, quelques minutes plus tôt, m’avait envoyé fouiller dans les paramètres de mon eSIM.

Cela ne signifie pas qu’un VPN doit connaître votre rue

Il reste une limite utile à connaître. Si votre objectif exige une sortie située dans une ville canadienne très précise, le petit service offre moins de régions que les grands fournisseurs spécialisés dans de longues listes de localisations. Mais pour mon problème, cette précision n’apportait rien.

Je n’avais pas besoin de choisir entre quinze villes canadiennes. J’avais besoin de comprendre pourquoi une connexion Fizz utilisée à Toronto était interprétée comme québécoise — puis de remplacer facilement cette sortie lorsque cette erreur avait une conséquence réelle.

Une fois ce critère posé, le choix devenait beaucoup plus simple.

Alors, pourquoi mon IP Fizz apparaît-elle dans une autre ville ou province ?

Parce que la ville affichée à côté d’une adresse IP n’est pas la position de votre téléphone. C’est une estimation associée à la connexion que vous utilisez. Fizz peut fonctionner normalement en Ontario, en Alberta ou en Colombie-Britannique tandis qu’un site interprète encore votre sortie réseau comme québécoise. Sur un réseau mobile, où les adresses peuvent servir à des utilisateurs répartis sur de grandes distances, ce décalage devient particulièrement facile à remarquer.

Je ne commencerais donc plus par essayer de forcer mon IP à correspondre exactement à ma rue. Je regarderais d’abord ce qui se trompe. Si Maps connaît votre vraie position mais qu’un site vous place dans la mauvaise province, votre GPS n’a probablement rien à réparer.

Le problème est la porte par laquelle ce site vous voit arriver. Dans mon test, changer cette porte avec le VPN a suffi : le navigateur a cessé de présenter l’adresse Fizz mal interprétée tandis que les applications qui avaient réellement besoin de ma position continuaient de savoir que j’étais à Toronto.

Le jour où mon Fizz m’a envoyé virtuellement à Montréal, je n’ai finalement pas eu besoin de déplacer mon téléphone : j’ai simplement changé la porte par laquelle Internet le voyait entrer.

Questions fréquentes

Pourquoi mon adresse IP Fizz peut-elle apparaître dans une autre province ?

Parce qu’un service GeoIP associe l’adresse ou le bloc d’adresses de votre sortie réseau à une zone estimée. Sur un réseau mobile, cette sortie peut être partagée ou attribuée loin de l’endroit exact où se trouve votre téléphone.

Pourquoi Maps peut-il afficher Toronto pendant qu’un site affiche Montréal ?

Maps peut utiliser la position précise de l’appareil, tandis qu’un site peut s’appuyer surtout sur l’adresse IP. GPS et géolocalisation IP sont deux sources différentes et peuvent donc donner des résultats différents sans contradiction technique.

Le mode avion ou un redémarrage corrige-t-il forcément une mauvaise géolocalisation IP ?

Non. Vous pouvez récupérer la même adresse ou une autre adresse appartenant à un bloc classé de la même manière. Comparer Wi-Fi et données mobiles est souvent un test plus parlant que multiplier les redémarrages.

Que change un VPN dans ce problème de localisation ?

Il remplace l’adresse IP publique visible par les sites pour la session. Il ne déplace pas la position physique de l’appareil et ne modifie pas le point GPS utilisé par Maps ou les applications autorisées à connaître votre position.