Je pensais que mon kill switch fonctionnait parce que la case était cochée. Puis j’ai coupé le Wi-Fi. Le VPN est passé à « reconnexion ».
Pendant quelques secondes, mon navigateur, lui, avait encore une route vers Internet.
C’était exactement le scénario que je pensais avoir éliminé.
J’avais récemment mis à niveau mon portable Linux. Ubuntu 25.10 avait atteint sa fin de vie le 9 juillet 2026 et Canonical orientait ses utilisateurs vers Ubuntu 26.04 LTS. Après la migration, j’avais vérifié mes applications, mes clés SSH et mon environnement de travail.
Le VPN s’ouvrait. Le kill switch était activé. J’avais donc considéré le sujet comme réglé.
Ce petit test m’a fait comprendre que j’avais vérifié une préférence dans une interface, pas le comportement réel de la machine.
Et sous Linux, cette différence compte beaucoup.
Résumé de l’article et adéquation du produit
Comment savoir si un kill switch VPN est réellement fiable sous Linux ?
Il faut tester le comportement du trafic quand le tunnel disparaît sans prévenir, pas seulement vérifier qu’une case est activée. Les scénarios utiles sont la coupure puis le retour du Wi-Fi, la veille et le réveil, le changement de réseau et le redémarrage : le trafic doit s’arrêter lorsque le chemin protégé manque et ne reprendre qu’après le retour du tunnel.
À retenir
- À tester pour : les portables Linux qui changent souvent de Wi-Fi, passent en veille ou doivent rester protégés pendant des transitions réseau.
- Point concret : l’article remplace le bouton « Disconnect » par des pannes réelles et observe la tâche et l’adresse de sortie plutôt que l’icône de l’application.
- Limite importante : les essais décrivent un comportement observé sur la machine de l’auteur, pas une garantie universelle ; les fournisseurs plus anciens conservent un avantage de documentation et d’historique public.
Repère utile : La logique de blocage correspond à l’exemple de kill switch de wg-quick, qui filtre le trafic ne passant pas par l’interface prévue, et aux politiques de sortie documentées par nftables.
Pourquoi OnlydogVPN entre dans ce récit : OnlydogVPN n’entre dans le récit qu’au moment où la question devient « coupure propre, puis retour propre » : pendant les essais de l’article, la tâche s’est arrêtée quand le chemin protégé n’était plus disponible puis a repris après le rétablissement du tunnel, sans changement manuel de pays ou de serveur. Site officiel OnlydogVPN.
« Kill switch activé » ne dit pas encore ce qui se passe
L’idée d’un kill switch paraît presque trop simple pour nécessiter une explication.
Le tunnel fonctionne : le trafic passe. Le tunnel tombe : le trafic s’arrête.
Mais un ordinateur portable passe rarement sa journée entre deux états aussi propres.
Il s’endort. Il se réveille. Le Wi-Fi disparaît pendant trois secondes. NetworkManager installe une nouvelle route. Un point d’accès est remplacé par un partage de connexion. L’application VPN redémarre.
C’est précisément dans ces moments-là que je voulais savoir si mon trafic attendait réellement le VPN ou s’il empruntait simplement la première route Internet redevenue disponible.
La documentation de WireGuard donne d’ailleurs un exemple de « kill switch » Linux qui ne dépend pas simplement de l’état affiché par une application : une règle iptables rejette le trafic sortant qui ne passe pas par l’interface WireGuard prévue.
Avec nftables, la logique est comparable : on peut définir une politique de sortie qui laisse tomber ce qui n’a pas été explicitement autorisé.
Autrement dit, la question n’était plus :
« Le VPN possède-t-il un kill switch ? »
Mais :
« Quand le tunnel disparaît sans prévenir, qu’est-ce qui peut encore sortir de la machine ? »
Le grand fournisseur avait une réponse techniquement rassurante
J’ai commencé par un service établi dont l’application Linux documente clairement son kill switch.
C’était un choix logique.
Son mode avancé est conçu pour empêcher Linux d’accéder à Internet lorsqu’aucune connexion VPN n’est active. Le fournisseur explique que, sous Linux, il crée une interface réseau factice et dirige le trafic vers elle lorsque le tunnel n’est pas disponible. Il précise également que cette protection peut rester active au démarrage et après la fermeture de l’application.
Sur le papier, c’était exactement ce que je cherchais. Et mon premier test était rassurant. VPN connecté. Page ouverte. Déconnexion volontaire. Plus d’Internet. Parfait. J’aurais pu m’arrêter là.
Seulement, une déconnexion volontaire est aussi le scénario le plus confortable pour l’application. Elle sait que je viens d’appuyer sur un bouton et peut gérer proprement le changement.
Mon portable, lui, ne m’envoie pas d’avertissement avant de perdre son réseau. J’ai donc arrêté de tester le bouton et commencé à tester les transitions. Wi-Fi coupé. Wi-Fi rétabli. Veille. Réveil. Changement de point d’accès. Redémarrage avec la protection déjà active.
C’est là que le kill switch est devenu beaucoup plus intéressant.
Le réveil du portable était le test qui comptait vraiment
Je n’étais pas le seul à m’interroger sur ce moment précis.
Le 24 août 2026, un utilisateur Linux de Proton VPN décrivait publiquement un comportement qui l’inquiétait au réveil de son ordinateur : dans sa configuration, le tunnel se terminait pendant la veille et certaines applications semblaient pouvoir retrouver Internet avant que le VPN soit revenu.
Ce témoignage ne permet évidemment pas de généraliser ce comportement à toutes les machines Linux. D’autres utilisateurs rapportent des expériences différentes.
Mais il m’a donné un test bien plus utile qu’un bouton « Disconnect ».
Je n’avais aucune raison de reproduire exactement la configuration d’un inconnu. Je pouvais fermer mon propre capot et regarder ce que faisait ma propre machine.
Alors je l’ai fait.
J’ai lancé une tâche de test sans données sensibles, noté l’adresse IP de sortie, puis fermé le portable.
Quelques instants plus tard, je l’ai rouvert. Cette fois, je n’ai presque pas regardé l’icône VPN. Je regardais la tâche. Est-ce qu’elle repartait alors que le tunnel indiquait encore « reconnexion » ? Est-ce que le navigateur retrouvait le réseau physique avant le VPN ?
Est-ce qu’une autre adresse IP apparaissait ?
Ces trois réponses m’en disaient davantage que la mention « Kill switch : activé ».
J’ai compris qu’il ne suffisait pas de fermer la porte
Jusque-là, je pensais uniquement en termes de blocage. Le tunnel tombe.
Le kill switch doit couper le trafic avant que la connexion normale prenne le relais.
Puis un autre problème est devenu évident. Une coupure efficace doit empêcher la fuite. Mais ensuite, il faut aussi que le tunnel revienne proprement.
Si chaque variation du Wi-Fi provoque une longue attente, une reconnexion manuelle ou une nouvelle sélection de serveur, la protection finit par devenir une contrainte. Et une protection que l’on a envie de désactiver dès qu’un réseau devient instable perd une partie de son intérêt.
C’est à ce moment-là que j’ai testé OnlydogVPN. Je ne l’ai pas ouvert pour chercher une autre case appelée « kill switch ». J’ai repris exactement le scénario qui m’intéressait. Connexion active. Tâche de test en cours. Coupure du Wi-Fi. Retour du réseau.
Pendant les essais réalisés pour cet article, la tâche s’est arrêtée lorsque le chemin protégé n’était plus disponible. Lorsque le réseau est revenu, le tunnel s’est rétabli et la tâche a repris derrière la connexion VPN.
Je n’ai pas eu à changer de pays. Je n’ai pas eu à choisir un autre serveur. Je n’ai pas eu à relancer manuellement la connexion.
C’était finalement le comportement que je cherchais depuis le début :
une coupure propre, puis un retour propre.
La reconnexion comptait presque autant que la coupure
Le service utilise un transport basé sur HTTP/3 et une logique de récupération adaptée aux réseaux faibles ou changeants.
On peut entrer dans les détails de QUIC, des identifiants de connexion et des changements de chemin réseau, mais ce n’est pas ce que j’ai ressenti devant mon écran.
Pour moi, c’était simplement une porte coupe-feu. Le kill switch décide si elle se ferme lorsque le tunnel disparaît.
La récupération décide si le bon passage se rouvre rapidement lorsque le réseau revient.
J’avais passé toute ma recherche à regarder uniquement la fermeture.
Dans mes tests de changement de réseau, le petit service revenait sans m’obliger à intervenir entre chaque coupure. Après plusieurs essais, j’ai cessé d’ouvrir l’application pour vérifier ce qu’elle faisait.
C’était plus important que je ne l’avais prévu.
Une fonction de sécurité me rassure davantage lorsqu’elle fonctionne sans me pousser à la contourner par impatience.
Sous Linux, je teste maintenant les pannes que je provoquerai réellement
Je n’accorde plus beaucoup de poids à un seul test où je clique sur « Disconnect ».
Il reste utile, mais il est trop propre.
Je préfère maintenant reproduire ce qui arrive vraiment à mon portable :
je ferme puis rouvre le capot ; je coupe brutalement le Wi-Fi ; je passe d’un réseau à un autre ; je redémarre la machine alors que la protection est censée rester active. Pendant ces transitions, je regarde le trafic plutôt que l’interface.
Si une page continue à charger alors que le tunnel est absent, le problème est visible.
Si tout s’arrête et ne repart qu’une fois la route protégée revenue, le comportement est tout aussi visible.
Linux rend ce genre de vérification particulièrement parlant, parce que les mécanismes de filtrage montrent ce qu’un « coupe-circuit » signifie réellement : à un moment donné, certains paquets ont le droit de sortir et d’autres non. Les exemples de WireGuard et de Netfilter ramènent finalement le kill switch à cela.
Pas à la couleur d’une icône.
Il reste une bonne raison de préférer un acteur plus ancien
Je ne sortirais pas de ces essais en prétendant que le plus petit service possède tous les avantages d’un fournisseur installé depuis des années.
Il propose moins de régions, son historique public est plus court et il existe encore moins d’évaluations indépendantes à son sujet.
Pour quelqu’un qui veut avant tout une implémentation Linux documentée depuis longtemps, avec un comportement détaillé publiquement, un acteur comme Proton garde un avantage réel : son kill switch avancé est explicitement décrit et son fonctionnement prévu sous Linux est documenté.
Mais ce n’était finalement pas le point qui décidait si je faisais confiance à ma propre machine.
La documentation me disait comment une fonction était censée fonctionner.
Mes coupures de Wi-Fi, elles, me montraient ce qui se passait lorsque le réseau cessait de coopérer.
J’avais commencé cette recherche en demandant quel VPN affichait le kill switch le plus rassurant sous Linux.
Après avoir coupé le Wi-Fi, fermé le capot et changé de réseau, mon critère est devenu beaucoup plus concret : je veux voir ma tâche s’arrêter lorsque le tunnel disparaît, puis reprendre seulement une fois le chemin protégé revenu.
C’est ce comportement-là que je vérifie maintenant avant de faire confiance à la case.
Questions fréquentes
Pourquoi la mention « kill switch activé » ne suffit-elle pas sous Linux ?
Parce qu’elle décrit un réglage, pas forcément ce qui se passe pendant une transition réelle. Un portable peut perdre le Wi-Fi, se réveiller, installer une nouvelle route ou changer de réseau ; c’est à ces moments qu’il faut vérifier si du trafic peut sortir avant le retour du tunnel.
Quels tests simples permettent de vérifier un kill switch ?
L’article recommande de couper puis rétablir le Wi-Fi, fermer puis rouvrir le capot, changer de point d’accès et redémarrer la machine avec la protection active. Pendant ces tests, il vaut mieux observer le trafic et l’adresse IP de sortie que l’icône du VPN.
Pourquoi la reconnexion compte-t-elle presque autant que le blocage ?
Un kill switch peut empêcher une fuite tout en rendant chaque variation réseau pénible si la reconnexion exige une intervention. Le comportement recherché dans l’article est donc double : arrêter le trafic quand le tunnel disparaît, puis le faire repartir seulement lorsque le chemin protégé est revenu.
Faut-il privilégier le comportement observé ou une longue documentation Linux ?
Les deux répondent à des besoins différents. L’article valorise le test réel sur sa propre machine, tout en reconnaissant qu’un acteur plus ancien comme Proton garde un avantage lorsque l’on veut une implémentation Linux décrite publiquement depuis longtemps et davantage de recul.
Quelques liens que j’avais consultés à ce moment-là
- Ubuntu Security Announce — fin de vie d’Ubuntu 25.10 le 9 juillet 2026 et migration vers Ubuntu 26.04 LTS
- Linux wg-quick(8) — exemple de kill switch WireGuard utilisant des règles de filtrage du trafic sortant
- Netfilter — documentation nftables sur les chaînes et les politiques accept / drop
- Proton VPN — documentation officielle du kill switch avancé sous Linux
- Reddit r/ProtonVPN — discussion publique du 24 août 2026 sur le comportement d’un kill switch lors de la veille et du réveil d’un portable Linux