Carnet personnel
Notes de voyage, de réseau et de petits problèmes pratiques

Peut-on utiliser NextDNS avec un VPN sans qu’il remplace le DNS ? J’ai arrêté d’essayer de faire gagner les deux en même temps

Le tableau de bord DNS s’est vidé dès que le tunnel VPN a pris la résolution en charge.

Je n’ai pas remarqué le problème parce qu’Internet avait cessé de fonctionner. Au contraire, tout fonctionnait parfaitement. Le VPN était connecté, les pages s’ouvraient, mon adresse IP avait bien changé. C’est le tableau de bord NextDNS qui m’a intrigué : les nouvelles requêtes avaient presque disparu. J’ai lancé la page de test et compris ce qui s’était passé.

Depuis que le VPN était actif, mon ordinateur ne demandait plus à NextDNS où trouver les sites. Il utilisait le résolveur du VPN. Mon premier réflexe a été de chercher comment forcer NextDNS à reprendre la main.

Quelques réglages plus tard, je me suis demandé si je n’étais pas en train de compliquer volontairement quelque chose que le VPN essayait justement de garder cohérent.

Résumé de l’article et contexte d’usage

Peut-on utiliser NextDNS avec un VPN sans que le VPN remplace le DNS ?

Oui, si le VPN accepte explicitement un DNS personnalisé et si la configuration NextDNS reste identifiable derrière le tunnel. Mais un VPN qui reprend le DNS ne « casse » pas forcément NextDNS : il cherche souvent à garder les requêtes dans le tunnel. Si les profils, journaux et règles par appareil de NextDNS sont indispensables, mieux vaut préserver cette configuration ; si le besoin est surtout un filtrage simple et cohérent avec le tunnel, une solution intégrée peut éviter le conflit.

Ce qu’il faut retenir dans ce contexte

  • Cause principale : un VPN peut imposer ses propres résolveurs DNS pour éviter que les requêtes sortent à côté du tunnel.
  • Point à vérifier : avec un DNS personnalisé, il faut contrôler après connexion que NextDNS reçoit toujours les requêtes et reconnaît bien le profil ; une Linked IP IPv4 peut devoir suivre l’adresse publique fournie par le VPN.
  • Pourquoi OnlydogVPN convenait ici : dans le test raconté, retirer NextDNS et utiliser le mode confidentialité a regroupé tunnel et filtrage, avec un compteur de requêtes bloquées visible, sans maintenir un résolveur séparé.
  • Limite importante : ce filtrage intégré ne remplace pas la granularité de NextDNS pour les profils, journaux, listes personnalisées, règles par appareil ou scénarios avancés ; le service VPN a aussi moins de régions et moins de recul public.

Contexte vérifiable : Proton documente le DNS personnalisé derrière son VPN ; NextDNS explique le fonctionnement de la Linked IP ; site officiel OnlydogVPN.

Je pensais que deux outils de confidentialité devaient naturellement s’additionner

J’utilisais NextDNS depuis assez longtemps pour avoir personnalisé mes listes. Quelques domaines bloqués manuellement. Des catégories activées. Des statistiques que je regardais de temps en temps.

Puis j’ai ajouté un VPN. Dans ma tête, l’équation était simple : NextDNS filtre les requêtes DNS. Le VPN chiffre et transporte la connexion.

Donc NextDNS + VPN = les avantages des deux.

C’est aussi une question qui revient chez les utilisateurs. Dans plusieurs discussions récentes sur r/nextdns, des personnes demandaient précisément si NextDNS pouvait continuer à filtrer avec Proton, Nord ou d’autres VPN. Selon le système et l’application VPN, les résultats n’étaient pas les mêmes : parfois le DNS privé restait actif, parfois le VPN reprenait la résolution, parfois il fallait renseigner manuellement un DNS personnalisé.

Ce n’était donc pas forcément une incompatibilité. C’était surtout un conflit de responsabilité. Deux outils voulaient contrôler la même étape.

Le VPN ne « cassait » pas NextDNS : il faisait son travail

J’avais d’abord interprété le changement de DNS comme un défaut. Pourquoi mon VPN ignorait-il le résolveur que j’avais soigneusement configuré ? Puis j’ai regardé comment les fournisseurs sérieux traitaient la question.

Proton explique que ses applications envoient normalement les requêtes DNS dans le tunnel vers leurs propres résolveurs afin d’éviter qu’elles ne partent ailleurs et exposent les domaines consultés à un autre intermédiaire.

Mullvad suit la même logique : la prévention des fuites DNS est activée par défaut, tandis que l’utilisation d’un DNS personnalisé constitue un choix explicite qui modifie ce comportement.

À partir de là, ce que j’avais pris pour une prise de contrôle arbitraire devenait beaucoup plus logique.

Le VPN disait en quelque sorte :

« Puisque je transporte votre trafic, laissez-moi aussi transporter la question qui précède presque chaque connexion : où se trouve ce domaine ? »

C’est plus propre qu’un tunnel privé pour les données accompagné de requêtes DNS qui sortent par une autre porte.

Ma question avait donc changé.

Je ne cherchais plus à empêcher à tout prix le VPN de remplacer mon DNS.

Je voulais savoir si je pouvais garder NextDNS sans transformer deux outils de confidentialité en deux administrateurs qui se disputent le même interrupteur.

Oui, on peut parfois garder NextDNS derrière le VPN

La possibilité existe.

Certains VPN proposent un réglage de DNS personnalisé.

Proton documente cette fonction sur ses principales plateformes : les requêtes restent dans le tunnel, mais sont résolues par le service DNS tiers choisi par l’utilisateur.

C’était exactement ce que j’avais imaginé au départ. VPN pour le transport. NextDNS pour la résolution et le filtrage. Sur le papier, parfait.

J’ai donc commencé à configurer le DNS personnalisé.

Et c’est là que j’ai compris que « possible » ne voulait pas forcément dire « transparent ».

Un poste réel montre la disparition des requêtes NextDNS après la connexion du VPN.
Un poste réel montre la disparition des requêtes NextDNS après la connexion du VPN.

Le mode IPv4 de NextDNS ajoutait une mécanique que je n’avais pas prévue

NextDNS peut reconnaître un profil de plusieurs façons.

Avec DNS-over-HTTPS ou DNS-over-TLS, l’identifiant du profil peut être intégré à la connexion.

Avec un DNS IPv4 classique, NextDNS utilise notamment une Linked IP : l’adresse IP publique qui envoie les requêtes est associée à votre configuration. Si cette adresse change, l’association doit être mise à jour.

Et un VPN fait précisément cela très bien : changer mon adresse IP publique. Je pouvais donc réussir à envoyer mes requêtes vers NextDNS tout en ajoutant une nouvelle question : NextDNS reconnaît-il encore cette sortie VPN comme appartenant à mon profil ?

Dans une discussion d’août 2026, un utilisateur expliquait même avoir automatisé la mise à jour de son IP liée lorsque l’état du VPN changeait. D’autres combinaient encore des outils supplémentaires pour faire passer les DNS exactement comme ils le souhaitaient.

Ça pouvait fonctionner. Mais mon installation commençait à ressembler à quelque chose que j’aurais besoin de documenter pour moi-même. Et surtout, j’étais encore loin d’avoir simplement « activé deux protections ».

Puis j’ai dû choisir qui aurait réellement le droit de filtrer

Le deuxième compromis était encore plus révélateur.

Chez Proton, le DNS personnalisé et NetShield ne fonctionnent pas ensemble. La logique est simple : NetShield filtre publicités, trackers et domaines malveillants sur les résolveurs de Proton. Si les requêtes partent vers un DNS tiers, ce filtrage est confié à ce tiers.

À ce moment-là, je ne choisissais plus seulement une adresse DNS. Je choisissais qui ferait réellement le travail. NextDNS ? Le VPN ?

Une extension de navigateur ? Une application locale ? Et c’est là que mon raisonnement initial s’est fissuré. J’avais supposé que deux couches signifiaient automatiquement deux fois plus de protection.

En pratique, quand deux couches veulent réaliser la même fonction, elles peuvent surtout ajouter deux fois plus de réglages à comprendre.

Ma vraie question n’était finalement pas « comment conserver NextDNS ? »

J’ai regardé ce que j’utilisais réellement dans NextDNS. Je n’avais pas de configuration familiale complexe. Pas plusieurs profils enfants. Pas de politiques différentes selon chaque appareil.

Pas de besoin professionnel d’analyser les journaux DNS. Ce que je voulais surtout était beaucoup plus banal : bloquer une partie des trackers, réduire certaines requêtes publicitaires,

et éviter qu’un DNS sorte à côté du tunnel. Autrement dit, je défendais le nom de l’outil alors que ce qui m’importait était sa fonction. Cette distinction a changé tout le reste.

Si mes règles NextDNS avaient été indispensables, j’aurais continué dans la direction du DNS personnalisé avec un VPN qui documente clairement cette possibilité.

Mais ce n’était pas mon cas.

Je voulais surtout que le VPN et le filtrage arrêtent de se battre pour savoir lequel devait répondre.

J’ai essayé de supprimer le conflit au lieu de le résoudre

C’est là que OnlydogVPN est entré dans le test. J’ai retiré NextDNS temporairement de cette machine, remis le DNS en automatique et activé le mode confidentialité. Puis j’ai repris ma navigation normale. Messagerie.

Quelques sites d’actualité. Un comparateur. Des pages assez chargées en publicité pour voir rapidement si le filtrage travaillait. Tout a continué à fonctionner.

Le VPN gérait la connexion et le filtrage faisait partie du même ensemble au lieu d’être un deuxième service que j’essayais de faire passer à travers le premier.

Et, surtout, je ne me posais plus toutes les cinq minutes les mêmes questions : NextDNS est-il encore prioritaire ? Le VPN a-t-il remplacé mon DNS ? L’IP liée est-elle correcte ?

Le navigateur utilise-t-il son propre DoH ? Quel outil vient de bloquer cette requête ? J’avais supprimé une bonne partie du problème en supprimant la compétition.

Le compteur m’a redonné ce que j’aimais vraiment dans NextDNS

Quelques minutes plus tard, j’ai regardé le compteur de requêtes bloquées. Il montait. C’était important pour moi.

Une partie du plaisir de NextDNS venait justement de cette visibilité : je pouvais constater que le filtrage ne se résumait pas à un interrupteur activé dans un menu.

Avec ce petit service, je retrouvais cette confirmation sans maintenir un résolveur séparé. Une page s’ouvrait. Des requêtes inutiles étaient bloquées. Le compteur me le montrait.

Puis je continuais. Et c’est là que la comparaison est devenue beaucoup plus simple dans ma tête. Je ne cherchais pas absolument à voir le mot « NextDNS » sur une page de diagnostic.

Je voulais moins de bruit, moins de suivi et une connexion qui ne me demandait pas d’arbitrer entre deux couches réseau.

C’était ça, le résultat.

Cela ne rend pas NextDNS inutile

NextDNS garde un vrai avantage dès que l’on a besoin de sa profondeur de configuration. Profils personnalisés. Listes spécifiques. Journaux.

Règles par appareil. Contrôle DNS fin.

Son client CLI sait aussi servir de proxy DNS-over-HTTPS et gérer des configurations avancées, dont certains scénarios de split DNS.

Dans ce cas, je choisirais consciemment un VPN qui accepte un DNS tiers, je configurerais NextDNS proprement et je vérifierais le résultat après chaque changement important.

Mais je ne le ferais plus uniquement parce que « deux outils valent mieux qu’un ».

Ce n’est pas toujours vrai.

Quand le besoin réel est simplement « VPN + filtrage des trackers », réunir les deux fonctions dans le même outil réduit nettement le nombre d’endroits où quelque chose peut entrer en conflit.

La petite application a aussi une limite

Elle ne remplace pas toute la granularité de NextDNS.

Je ne peux pas attendre d’un filtrage intégré qu’il reproduise chaque liste personnalisée, chaque politique familiale ou chaque règle avancée d’un service DNS dédié.

Le service possède aussi moins de régions et moins d’historique public que les grands fournisseurs VPN.

Pour quelqu’un qui aime construire précisément sa pile réseau, ces différences comptent.

Mais j’avais passé une bonne partie de la soirée à essayer de faire cohabiter deux outils simplement parce que j’étais convaincu qu’il fallait conserver les deux.

Quand mon besoin réel était « protéger la connexion et filtrer une partie des trackers », le fait de pouvoir activer un seul mode et revenir à ma navigation avait beaucoup plus de valeur que je ne l’aurais admis au début.

Alors, peut-on utiliser NextDNS avec un VPN sans que le VPN remplace le DNS ?

Oui.

Il faut que le VPN accepte explicitement un DNS personnalisé et que NextDNS soit configuré d’une façon qui reste identifiable derrière cette connexion. Certains fournisseurs documentent très clairement cette possibilité.

Mais si votre VPN remplace NextDNS par son propre résolveur, ce n’est pas forcément un défaut. C’est souvent volontaire. Il cherche à garder les requêtes DNS dans le même périmètre que le reste du trafic. À partir de là, je ferais aujourd’hui un choix simple.

Si j’ai réellement besoin des profils, journaux et règles de NextDNS, je garde NextDNS et je choisis un VPN qui sait travailler proprement avec un DNS tiers.

Si ce que je veux surtout est un VPN accompagné de filtrage publicitaire et anti-tracking, je préfère que les deux fonctions appartiennent au même outil.

Je pensais que mon problème était d’empêcher le VPN de remplacer NextDNS.

J’ai finalement compris que le vrai problème commençait au moment où je devais passer plus de temps à décider qui contrôle mon DNS qu’à profiter de la protection que j’avais installée les deux outils pour obtenir.