Le téléchargement était terminé depuis longtemps.
L’upload, lui, restait presque à zéro.
J’avais laissé qBittorrent ouvert après avoir récupéré l’image d’Ubuntu. Le 27 août 2026, Canonical venait de publier Ubuntu 26.04.1 LTS avec de nouvelles images d’installation.
Je voulais simplement laisser le client tourner quelques heures pour redistribuer ce que je venais de télécharger.
Le fichier affichait 100 %.
Il y avait d’autres pairs.
Mon VPN était connecté.
Pourtant, presque personne ne semblait venir chercher des données chez moi.

J’ai d’abord pensé que le torrent avait déjà trop de seeders. Puis j’ai commencé à regarder autre chose que le débit: mon client écoutait bien sur un port, mais ce port n’était pas réellement accessible depuis l’extérieur.
C’est à ce moment-là que ma recherche est devenue beaucoup plus précise:
quel VPN propose réellement le port forwarding pour le P2P ?
Résumé de l’article et pertinence du VPN
Faut-il vraiment un VPN avec port forwarding pour utiliser qBittorrent et le P2P ?
Pas pour tous les usages. Un téléchargement peut fonctionner en initiant des connexions sortantes, tandis que le port forwarding devient surtout utile lorsqu’on veut être joignable de l’extérieur pour le seeding, un petit swarm ou davantage de connexions entrantes.
Ce qu’il faut retenir
- Pour qui : Les utilisateurs de qBittorrent qui téléchargent correctement mais constatent peu de connexions entrantes ou un seeding faible.
- Point clé : Ouvrir le port sur la box ne suffit pas si les autres pairs voient l’adresse publique du serveur VPN : le fournisseur doit lui-même transférer un port vers la session.
- Limite : Le port peut changer après reconnexion selon le fournisseur et demande alors une mise à jour dans qBittorrent. Tous les VPN P2P ne proposent pas cette fonction.
Correspondance produit : OnlydogVPN est présenté ici comme un choix simple pour une session P2P ordinaire où aucune connexion entrante n’est requise. L’article dit explicitement ne pas avoir identifié de fonction de port forwarding comparable ; pour le seeding où la joignabilité entrante est prioritaire, il recommande un fournisseur qui la documente clairement. Sources déjà citées dans l’article : qBittorrent sur le port d’écoute et UPnP/NAT-PMP ; Proton VPN sur son port forwarding.
Je confondais « le P2P fonctionne » avec « les autres pairs peuvent me joindre »
Mon téléchargement avait parfaitement fonctionné.
C’est précisément ce qui m’avait trompé.
Je pouvais me connecter à des pairs, récupérer l’ISO et terminer le transfert. Le VPN laissait donc passer le trafic P2P.
Mais cela ne signifiait pas que l’inverse fonctionnait.
qBittorrent utilise un port d’écoute pour accepter les connexions entrantes et propose notamment UPnP ou NAT-PMP lorsque le réseau permet d’ouvrir automatiquement ce passage.
L’image qui m’a permis de comprendre le problème était celle d’un immeuble.
Je pouvais sortir de chez moi et aller sonner chez quelqu’un.
Mais quelqu’un arrivant depuis la rue ne pouvait pas forcément sonner chez moi.
Avec un VPN, il y a une porte supplémentaire: l’adresse publique visible par les autres pairs appartient au serveur VPN, pas directement à mon ordinateur.
Le port forwarding revient alors à laisser une consigne à cette porte:
si une connexion arrive sur ce numéro, transmettez-la jusqu’à mon client P2P.
Tout devenait plus logique.
Mon VPN autorisait le P2P.
Il ne me rendait simplement pas joignable de la même manière.
J’avais ouvert un port sur la mauvaise porte
Mon premier réflexe avait pourtant été d’ouvrir l’interface de ma box.
J’avais déjà configuré du port forwarding pour d’autres usages. J’ai donc récupéré le port d’écoute de qBittorrent, créé une règle correspondante, vérifié le pare-feu et recommencé.
Toujours rien.
Puis l’erreur m’a sauté aux yeux.
Les autres pairs ne voyaient pas l’adresse publique de ma box.
Ils voyaient celle du serveur VPN.
Ouvrir un port sur mon routeur revenait donc à installer une sonnette sur mon appartement alors que tous les visiteurs se présentaient dans un autre immeuble.
Pour qu’une connexion entrante atteigne réellement qBittorrent, il fallait que le fournisseur VPN lui-même ouvre un port sur son infrastructure et le transmette vers ma session.
C’est là que la formule « P2P autorisé » a cessé de me suffire.
Un VPN peut parfaitement autoriser BitTorrent sans proposer de port forwarding.
Et ce n’est plus une fonction que l’on peut supposer présente chez tous les services orientés confidentialité.
Mullvad, par exemple, l’a supprimée en 2023 après avoir expliqué que les ports transférés étaient régulièrement détournés pour héberger des services abusifs, provoquant des mises sur liste noire de ses adresses IP et des problèmes avec certains hébergeurs.
Autrement dit, le port forwarding n’est pas juste une case oubliée dans l’application.
Le fournisseur doit réellement accepter de maintenir cette porte ouverte.
Cette fois, je voulais voir le numéro du port
J’ai donc changé ma manière de comparer les VPN.
Je ne cherchais plus une page promettant simplement « P2P support ».
Je voulais trois choses très concrètes:
un port attribué;
ce numéro visible;
et la possibilité de mettre exactement ce numéro dans qBittorrent.
Proton VPN documente actuellement ce fonctionnement sur ses offres payantes sous Windows, macOS et Linux. Le principe est simple: se connecter à un serveur compatible P2P, activer le port forwarding, récupérer le numéro fourni par l’application puis l’utiliser comme port entrant dans le client BitTorrent.
C’était suffisamment clair pour faire le test.
Connexion à un serveur P2P.
Activation du port forwarding.
Un numéro apparaît.
Je le copie dans les paramètres de connexion de qBittorrent.
Puis j’attends.
Cette fois, le changement ne ressemblait pas à un Speedtest gagnant quelques mégabits.
Des connexions entrantes ont commencé à apparaître.
L’upload de l’ISO, jusque-là presque immobile, s’est mis à travailler de manière beaucoup plus régulière.
C’était le résultat que j’étais venu chercher.
Pas simplement:
« le torrent fonctionne ».
Mais:
« d’autres pairs peuvent maintenant initier une connexion vers mon client à travers le VPN ».
C’est surtout en voulant seeder que j’ai compris ce que j’avais perdu
Ce détail devient beaucoup plus visible lorsqu’on veut partager que lorsqu’on veut simplement télécharger.
En mai 2026, un utilisateur de qBittorrent expliquait publiquement qu’il avait créé un torrent pour transmettre des fichiers à un ami. Son client indiquait qu’il seedait, mais l’autre personne ne parvenait pas à télécharger. La discussion a rapidement ramené le problème aux connexions entrantes: lorsque les deux extrémités sont derrière des NAT ou des pare-feu qui ne laissent entrer personne, elles peuvent connaître l’existence l’une de l’autre sans réussir à établir la connexion attendue.
Cette discussion m’a surtout débarrassé d’une autre idée fausse.
Le port forwarding n’est pas un bouton « accélérer BitTorrent ».
Il améliore d’abord la connectabilité.
Sur un torrent Ubuntu très actif, mon client peut trouver beaucoup de pairs joignables et initier lui-même les connexions. Je peux donc parfaitement télécharger sans port entrant.
Le besoin devient beaucoup plus net quand je veux seeder efficacement, participer à un petit swarm ou être joignable par davantage de pairs.
C’était exactement mon cas.
Puis le numéro a changé
Le lendemain, j’ai reconnecté le VPN.
qBittorrent utilisait toujours le port de la veille.
Le VPN, lui, en affichait un autre.
J’ai cru pendant quelques secondes que j’avais cassé ma configuration.
En réalité, Proton précise que le port attribué change généralement après une reconnexion VPN. Il faut alors reporter le nouveau numéro dans le client BitTorrent. Sous Linux, le service écrit aussi ce port dans un fichier local, ce qui permet d’automatiser la mise à jour.
J’avais donc trouvé exactement la fonction que je cherchais.
Mais j’en voyais maintenant le coût pratique.
Pour une session où je voulais laisser un torrent en seed pendant des heures, ce petit travail supplémentaire avait du sens.
Pour chaque téléchargement P2P de ma semaine, beaucoup moins.
Le port forwarding résolvait un problème précis.
Je n’avais simplement pas ce problème à chaque fois.
C’est là que le petit service a retrouvé sa place
Pour le transfert suivant, j’ai volontairement choisi un torrent où je n’avais aucun objectif particulier de seeding.
Je voulais télécharger.
Fermer l’ordinateur.
Passer à autre chose.
Cette fois, j’ai connecté OnlydogVPN↗ avec son mode automatique et laissé qBittorrent travailler.
Je n’avais aucun port à recopier.
Aucun serveur P2P à comparer dans une longue liste.
Aucun numéro à remettre à jour après une reconnexion.
Le téléchargement avançait, ce qui était tout ce que je lui demandais.
J’ai ensuite coupé brièvement le réseau pendant le transfert. Lors des essais réalisés pour cet article, le tunnel a retrouvé sa connexion lorsque le réseau est revenu et le téléchargement a repris sans que j’aie à choisir une nouvelle route.
C’est là que sa récupération sur les réseaux changeants et son transport basé sur HTTP/3 devenaient beaucoup plus intéressants pour moi que la gestion d’un port.
Non pas parce qu’ils remplacent le port forwarding.
Ils résolvent une autre partie du problème: garder une session P2P ordinaire simple lorsque je n’ai aucune raison d’accepter des connexions entrantes.
Cette séparation m’a finalement paru beaucoup plus naturelle que d’exiger la même configuration pour toutes mes sessions.
Ce que je garde pour les prochaines sessions P2P
Il reste une distinction importante.
Si mon objectif principal est le seeding et que je veux être joignable depuis Internet, je préfère un fournisseur qui documente clairement le port forwarding. Proton a ici un avantage concret: le port est visible, configurable dans qBittorrent et son comportement après reconnexion est expliqué.
Le petit service possède de son côté moins de régions, un historique public plus court et moins d’évaluations indépendantes. Et les informations produit dont je dispose ne montrent pas de fonction de port forwarding comparable.
Mais cela ne m’empêche plus de l’utiliser pour le P2P.
Cela m’empêche simplement de lui demander la mauvaise chose.
Quand je veux laisser une ISO en seed et maximiser ma capacité à recevoir des connexions, j’ouvre volontairement cette porte avec un service prévu pour cela.
Quand je veux simplement télécharger derrière un VPN, je préfère désormais ne pas transformer qBittorrent en petite tâche d’administration réseau.
J’étais parti chercher le VPN avec port forwarding.
J’ai fini par comprendre qu’il fallait d’abord poser une question encore plus simple:
est-ce que j’attends réellement quelqu’un à la porte, ou est-ce que j’ai seulement besoin de sortir chercher mon fichier ?
