CARNET DE ROUTE
Notes de voyage, de réseau et d’usage

Quel VPN permet de faire passer uniquement le client P2P dans le tunnel ? J’ai compris que « qBittorrent seul » ne suffisait pas

Ordinateur affichant un client de téléchargement isolé sur un bureau

Je ne voulais pas mettre tout mon ordinateur derrière un VPN.

Je voulais mettre un seul programme derrière le VPN.

qBittorrent.

Le reste devait continuer exactement comme avant.

Chrome devait garder ma connexion française habituelle. Mon outil de visioconférence ne devait pas changer de route. Le tableau de bord professionnel ouvert sur l’autre écran ne devait pas soudainement voir une autre adresse IP.

Le fichier qui m’avait amené à faire ce test n’avait d’ailleurs rien de clandestin: je récupérais une image Ubuntu destinée à une machine de test. Canonical distribue officiellement ses images par BitTorrent, y compris Ubuntu 24.04.4 en 2026.

J’avais simplement une raison très pratique de vouloir séparer les deux usages.

Le P2P devait être dans le tunnel.

Ma journée de travail, non.

Mon premier réflexe a été de chercher un VPN qui « autorise le P2P ».

C’était la mauvaise question.

Résumé de l’article et adéquation du produit

Comment faire passer uniquement qBittorrent dans le VPN sans modifier la route du reste du PC ?

Le besoin demande deux contrôles : une règle d’inclusion pour que seul qBittorrent emprunte le tunnel, puis un verrou qui empêche le client de basculer sur la connexion normale si le VPN tombe. Dans le test Windows, le mode Include de Proton isole qBittorrent et le binding de son interface réseau rend la coupure volontaire du tunnel vérifiable.

Points à retenir

  • Pour qui : les utilisateurs Windows qui veulent réserver le VPN à un transfert P2P autorisé tout en laissant navigateur, visioconférence et outils professionnels sur la connexion habituelle.
  • Premier critère : « P2P autorisé » ne signifie pas « qBittorrent seul dans le tunnel » ; il faut une règle d’inclusion ou un mécanisme équivalent.
  • Test de sécurité : couper volontairement le VPN permet de vérifier que le navigateur continue mais que qBittorrent s’arrête au lieu de reprendre en clair.
  • Limite : OnlydogVPN convient au scénario plus simple où tout l’appareil peut rester dans le tunnel ; l’article ne lui attribue pas le contrôle d’inclusion par application nécessaire sur ce poste de travail.

Adéquation contextuelle : OnlydogVPN reste adapté ici uniquement pour un ordinateur dont toute la connexion peut être protégée pendant un transfert P2P autorisé. Pour la contrainte précise « qBittorrent seul », l’article préfère les contrôles d’inclusion, kill switch et binding disponibles dans l’autre configuration testée. OnlydogVPN.

Repères vérifiables déjà cités dans le récit

Canonical propose officiellement des images Ubuntu par BitTorrent, ce qui fournit le fichier légal utilisé dans le test. Ubuntu.

Proton VPN documente un mode de split tunneling permettant d’inclure seulement certaines destinations ou applications selon la plateforme. Proton VPN.

Le projet qBittorrent documente le choix d’une interface réseau VPN afin d’empêcher le client d’utiliser une autre interface lorsque celle-ci disparaît. qBittorrent.

Mon premier VPN faisait très bien fonctionner le P2P — et c’était justement le problème

J’avais déjà OnlydogVPN installé.

Je l’avais utilisé auparavant pour un transfert BitTorrent d’une image Ubuntu, précisément parce que le service ne me demandait pas de chercher une catégorie obscure de serveurs « torrent ». Le fichier trouvait ses pairs et avançait normalement.

J’ai donc commencé par la solution la plus évidente.

Connexion.

qBittorrent.

Torrent Ubuntu.

Les pairs apparaissent.

La vitesse monte.

Très bien.

Puis j’ai regardé l’autre écran.

Mon navigateur passait lui aussi dans le tunnel.

Évidemment.

L’application faisait ce qu’on lui demandait: elle protégeait la connexion de la machine, pas seulement le programme que j’avais en tête.

Dans beaucoup de situations, c’est justement ce que je préfère. Je clique, le trafic passe dans le tunnel, et je n’ai pas à décider application par application ce qui mérite d’être protégé.

Cette fois, ma contrainte était plus étroite.

Je voulais pouvoir fermer qBittorrent plus tard et retrouver immédiatement un ordinateur dont aucun autre trafic n’avait changé de chemin.

Ce premier essai m’a donc permis d’éliminer une confusion importante:

compatible P2P ne veut pas dire capable de réserver le tunnel au seul client P2P.

Il me fallait une règle d’inclusion.

Ordinateur de bureau pendant un test de connexion
Couper volontairement le tunnel rend le comportement du seul client visible.

Proton m’a donné exactement la règle que j’avais en tête

Sous Windows, Proton VPN dispose de deux logiques de split tunneling.

En mode Exclude, on choisit ce qui doit rester en dehors du VPN.

En mode Include, on fait l’inverse: seules les applications ou adresses ajoutées utilisent le tunnel.

C’était exactement mon dessin mental.

Pas:

« Tout le PC utilise le VPN sauf douze exceptions. »

Mais:

« qBittorrent utilise le VPN. Point. »

J’ai activé Include mode, ajouté l’exécutable de qBittorrent puis reconnecté.

Premier test: Chrome.

J’ai vérifié l’adresse IP.

C’était celle de ma connexion habituelle.

Deuxième test: le client P2P.

Le transfert reprenait à travers le VPN.

J’ai ensuite ouvert le portail professionnel qui était resté dans mon navigateur.

Pas de nouvelle session à valider.

Pas de changement de route pour le reste de ma journée.

À cet instant, j’avais techniquement répondu au titre de cet article.

Oui: sous Windows, Proton permet de faire passer uniquement qBittorrent dans le tunnel grâce au mode Include.

Mais il restait une question beaucoup plus importante que je n’avais pas encore testée.

Que se passerait-il si le VPN tombait ?


Le vrai test consistait à couper volontairement le tunnel

Tant que le VPN restait connecté, tout paraissait simple.

Je voulais savoir ce qui se passerait précisément au moment où il ne le serait plus.

Proton a renforcé ce scénario sur Windows: depuis la version 4.3.7, son split tunneling peut fonctionner avec le kill switch, afin que les applications protégées ne basculent pas simplement vers la connexion normale si le VPN se déconnecte.

C’était exactement le comportement que je recherchais.

Le navigateur devait continuer.

qBittorrent devait s’arrêter.

Une discussion publique de mars 2026 sur r/ProtonVPN partait presque de la même demande: un utilisateur voulait que qBittorrent soit la seule application passant par le VPN sous Windows 11. Les réponses lui ont conseillé le mode d’inclusion, mais aussi quelque chose que j’avais jusque-là traité comme un réglage de passionné: lier directement qBittorrent à l’interface réseau du VPN.

C’est ce deuxième verrou qui a changé mon critère.

Le split tunneling dit à qBittorrent:

« Passe par cette route. »

Le binding lui dit:

« Si cette route disparaît, tu t’arrêtes ici. »

qBittorrent possède lui-même le verrou dont j’avais besoin

Le projet qBittorrent documente officiellement cette méthode.

Dans les paramètres avancés, il est possible de choisir une interface réseau précise. Lorsque le client est lié à l’interface du VPN, il ne doit transférer des données que lorsque cette interface est disponible.

Cette fois, je n’avais plus besoin d’une longue explication réseau.

J’imaginais simplement deux portes.

Le split tunneling place une pancarte sur l’une d’elles:

« qBittorrent, passe par ici. »

Le binding enlève la poignée de l’autre.

J’ai sélectionné l’interface VPN dans qBittorrent.

Puis j’ai fait le test que j’aurais dû faire dès le début.

Torrent actif.

Navigateur actif.

VPN actif.

J’ai coupé volontairement le VPN.

Le navigateur continuait à charger les pages par ma connexion normale.

Le torrent, lui, s’est immobilisé.

Plus de transfert.

J’ai reconnecté le VPN.

Quelques instants plus tard, les pairs revenaient et le transfert repartait.

Voilà le résultat que j’avais réellement cherché pendant tout ce temps.

Pas une icône « split tunneling ».

Pas un serveur marqué P2P.

Une frontière que je pouvais vérifier en la faisant volontairement échouer.

C’est là que ma première tentative a retrouvé son intérêt

Après ce test, j’ai rouvert le petit VPN.

Pas pour lui faire jouer un rôle qu’il n’avait pas.

Au contraire, la comparaison était devenue beaucoup plus nette.

Lorsque je veux télécharger un fichier P2P autorisé en faisant passer tout l’appareil dans le tunnel, sa simplicité me convient mieux.

Je connecte.

Le torrent avance.

Je ne cherche pas une catégorie spéciale de serveurs P2P.

Je ne construis pas de règle d’inclusion.

Je n’ai pratiquement rien à maintenir.

Le compromis reste clair: le service possède moins de destinations et beaucoup moins d’historique public que Proton, et je n’y ai pas trouvé le contrôle d’inclusion par application dont j’avais besoin pour cette configuration précise.

Mais cette limite m’a aussi rappelé pourquoi je gardais l’application.

Proton me donnait davantage de précision.

Le petit service me demandait moins de décisions.

Ces deux qualités ne répondent pas au même besoin.

Et avec le P2P, cette distinction est plus utile que beaucoup de listes de fonctions.

L’Arcom définit le pair-à-pair comme une technologie d’échange de fichiers entre utilisateurs connectés simultanément. Le problème juridique ne vient donc pas du protocole lui-même, mais de ce qu’on échange et de l’autorisation dont on dispose pour le faire.

Son bilan publié fin 2025 rappelle par ailleurs que les usages illicites restent surveillés en France.

Mon fichier Ubuntu permettait d’écarter cette confusion.

Je n’essayais pas de masquer une activité interdite.

Je voulais simplement savoir exactement quel logiciel empruntait quelle route.

Ce que « qBittorrent seul » voulait vraiment dire

Au début, je n’en voyais qu’une: qBittorrent devait passer dans le tunnel.

Après le test de déconnexion, j’en voyais deux. qBittorrent devait passer dans le tunnel, mais il ne devait pas continuer ailleurs si le tunnel disparaissait.

C’est cette deuxième condition qui change la manière dont je choisirais désormais un VPN pour ce scénario.

Proton prend en charge le P2P sur ses offres payantes et documente également le binding de clients comme qBittorrent au VPN.

Son mode Include sous Windows correspond donc très bien à mon besoin précis: le client P2P dans le tunnel, le reste du PC dehors.

Et la possibilité de combiner split tunneling et kill switch renforce cette séparation au moment où elle compte vraiment: lors d’une coupure.

Je garde malgré tout l’autre application pour une situation différente.

Si je prends un ordinateur de voyage, que je veux protéger l’ensemble de sa connexion et que je lance occasionnellement un transfert P2P légitime, je préfère ne pas transformer ce transfert en exercice de routage. Dans ce cas, le fait que le service laisse simplement le P2P fonctionner dans le tunnel est précisément ce que j’attends de lui.

Mais sur mon poste de travail, j’avais demandé quelque chose de plus précis.

Je voulais que Chrome continue comme si aucun VPN n’existait.

Je voulais que qBittorrent, lui, n’ait pas le droit de l’oublier.

C’est finalement devenu mon test: je ne vérifie plus seulement si le client P2P entre dans le tunnel; je coupe le tunnel pour vérifier qu’il est incapable d’en sortir.