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Notes prises au fil des usages

Préparer son VPN au Sénégal avant une perturbation d’Internet : je l’ai installé pendant que tout fonctionnait encore

Une scène réelle montre le problème de connexion décrit dans cet article

Ce soir-là, mon problème était presque absurde : Internet fonctionnait parfaitement. WhatsApp envoyait les messages, Google Maps chargeait Dakar, la fibre de l’appartement était stable et mon téléphone affichait la 4G. Pourtant, j’ai commencé à préparer un VPN comme si quelque chose allait tomber en panne.

Deux mois plus tôt, des manifestations avaient de nouveau eu lieu devant l’Assemblée nationale sur fond de tensions politiques, et les images de policiers utilisant des gaz lacrymogènes avaient ravivé un souvenir très précis : au Sénégal, les précédentes périodes de tension n’avaient pas toutes produit la même forme de perturbation d’Internet. Je travaillais à distance depuis Dakar et j’avais une visioconférence le lendemain matin.

Je ne voulais pas découvrir au milieu d’une restriction que l’application dont j’avais besoin n’était pas installée, qu’elle réclamait un mot de passe oublié ou que je ne savais même pas quel mode utiliser.

Illustration photographique du point technique principal de l’article
Préparer un accès de secours pendant que la connexion fonctionne encore réduit la panique lorsque le réseau devient incertain.
Résumé de l’article et pertinence du produit

Quand faut-il préparer un VPN au Sénégal face à une possible perturbation d’Internet ?

Avant que le réseau ne se dégrade. Les épisodes passés ont pris des formes différentes : certains ont filtré des plateformes tout en laissant Internet fonctionner, d’autres ont suspendu les données mobiles. Un VPN peut emprunter une autre route seulement lorsqu’une connexion sous-jacente existe encore ; il ne peut pas recréer un accès qui a été coupé.

Pourquoi cette recommandation reste contextuelle

  • Pour qui : Une personne au Sénégal qui dépend de services en ligne et veut réduire les étapes à accomplir si certaines destinations deviennent soudain difficiles à joindre.
  • Préparation utile : Installer l’application, vérifier l’accès, identifier le mode prévu pour les réseaux restrictifs et tester les services importants pendant que les magasins d’applications et les comptes sont encore accessibles.
  • Pourquoi OnlydogVPN correspond ici : Dans le récit, l’intérêt est surtout opérationnel : pas de nouveau compte traditionnel à retrouver pour l’usage de base et un mode restrictif déjà identifié avant une éventuelle perturbation sélective.
  • Limite : Lors d’une suspension réelle des données mobiles ou d’une absence complète d’Internet, aucun changement de serveur ou de protocole VPN ne peut faire réapparaître le réseau.

La distinction entre filtrage sélectif et coupure de connectivité est documentée dans les mesures OONI sur les blocages de plateformes en 2023 et dans l’historique des suspensions recensé par Internet Society Pulse. Ces deux situations imposent des limites très différentes à ce qu’un VPN peut faire.

Je m’étais trompé sur ce que signifie « Internet coupé »

Mon premier raisonnement avait été très simple : si Internet est coupé, j’allume le VPN. Cette phrase tient jusqu’au moment où l’on demande ce que « coupé » veut réellement dire.

Le Sénégal a déjà connu des situations très différentes.

En juin 2023, les mesures d’OONI ont montré des blocages visant WhatsApp, Telegram, Facebook, Instagram, Twitter, YouTube et TikTok. Les connexions Internet existaient encore, mais certaines plateformes devenaient inaccessibles. OONI a observé que ces blocages reposaient principalement sur des interférences TLS.

Pour moi, l’image la plus simple est celle d’une route encore ouverte avec certaines sorties condamnées. Internet existe toujours. Mais certaines destinations deviennent difficiles à atteindre normalement.

Puis les autorités sont allées plus loin en suspendant aussi l’accès aux données mobiles.

En février 2024, après le report de l’élection présidentielle et les manifestations qui ont suivi, le Sénégal a de nouveau connu des suspensions nationales de l’Internet mobile. Internet Society recense notamment une interruption après l’ordre du 4 février, puis une nouvelle suspension le 13 février.

Dans une conversation, ces deux situations peuvent être résumées par la même phrase : « Internet ne marche plus. » Pour un VPN, elles sont pourtant radicalement différentes.

Quand Internet fonctionne encore mais que certaines destinations sont filtrées, il reste une route sur laquelle construire un tunnel.

Quand les données mobiles sont réellement coupées, cette route disparaît. Un VPN peut changer le chemin. Il ne peut pas inventer une connexion Internet qui n’existe plus. Comprendre cette limite ne m’a pas donné moins envie de préparer le VPN.

Au contraire. Cela m’a montré exactement quand il pouvait devenir utile — et pourquoi attendre ce moment pour l’installer était une mauvaise idée.

En 2023, certains cherchaient encore le VPN après le début du problème

C’est une discussion publique sur r/Senegal datant de juin 2023 qui m’a fait ouvrir mes applications ce soir-là plutôt que d’attendre.

Alors que plusieurs réseaux sociaux étaient déjà perturbés, des utilisateurs expliquaient qu’ils n’arrivaient plus à télécharger normalement des VPN et signalaient aussi des problèmes avec l’App Store ou le Play Store. Dans le même fil, les gens échangeaient rapidement les outils qui fonctionnaient encore et demandaient aux autres de tester.

Ce témoignage ne m’apprenait pas comment le filtrage fonctionnait ; OONI était bien plus utile pour cela.

Il montrait autre chose : ce qui arrive lorsqu’on commence à se préparer trop tard. On ne compare plus tranquillement les applications. On cherche un VPN.

On découvre qu’il ne se télécharge pas. On tente le site du fournisseur. On retrouve un ancien mot de passe.

On essaie une deuxième application. On demande autour de soi ce qui passe encore.

La demande de VPN reflète bien ce réflexe. Le 5 février 2024, elle a augmenté de 162 % au Sénégal par rapport à la moyenne des 28 jours précédents. Lors des restrictions de juin 2023, la hausse avait été beaucoup plus forte encore.

C’était précisément la scène que je voulais éviter. Télécharger mon parachute après avoir sauté.

J’ai ouvert le VPN que j’avais déjà — et il m’a demandé de me reconnecter

J’avais déjà un abonnement chez un gros fournisseur. C’était même l’une des raisons pour lesquelles je pensais n’avoir rien à préparer. L’application était installée depuis des mois.

J’ai cliqué dessus. Session expirée. Adresse e-mail.

Mot de passe. Puis validation. Rien de dramatique.

Mon gestionnaire de mots de passe était accessible, ma messagerie aussi et Internet fonctionnait parfaitement.

Une minute plus tard, j’étais connecté. Mais cette minute venait justement de révéler le problème. Toutes les choses dont j’avais besoin pour réparer mon VPN étaient disponibles parce que je n’avais pas encore besoin du VPN.

Le jour où une plateforme, un magasin d’applications ou le site du fournisseur devient difficile à joindre, cette petite chaîne de dépendances peut devenir beaucoup plus agaçante.

J’ai donc arrêté de considérer « application installée » comme synonyme de « VPN prêt ». Je voulais pouvoir répondre oui à une question plus concrète :

si certaines applications deviennent difficiles d’accès demain matin alors que ma connexion Internet fonctionne encore, est-ce que mon téléphone et mon ordinateur peuvent ouvrir le tunnel immédiatement ?

Je l’ai préparé comme un outil qu’on teste avant la panne

C’est là que j’ai ouvert la petite application utilisée pour cet article. Je n’avais aucune raison d’essayer de simuler une coupure nationale. Je voulais simplement supprimer aujourd’hui les obstacles que je risquais de rencontrer demain.

Installation. Ouverture. Pas de compte traditionnel avec une nouvelle adresse e-mail et un nouveau mot de passe pour l’usage de base.

Connexion. J’ai vérifié WhatsApp. Message envoyé.

Puis Telegram. Puis mon courrier professionnel. Puis le portail de visioconférence que je devais utiliser le lendemain.

Tout fonctionnait. Ensuite, au lieu de chercher le serveur affichant le meilleur ping, j’ai repéré le mode adapté aux réseaux plus restrictifs. C’était beaucoup plus proche du problème que j’essayais réellement d’anticiper.

Le service ajoute de l’obfuscation au trafic du tunnel afin qu’il ressemble moins directement à un trafic VPN conventionnel. Face à un réseau qui filtre certaines catégories de connexions, c’est une propriété plus utile que de posséder une très longue liste de pays.

Et l’historique sénégalais rendait ce choix moins théorique : en 2023, OONI avait bien observé des restrictions ciblées sur plusieurs plateformes alors que l’accès Internet sous-jacent fonctionnait encore.

Je ne cherchais pas à reproduire exactement le filtrage de 2023 dans mon appartement. Je voulais savoir quelque chose de plus pratique : si le réseau fonctionne encore mais commence à fermer certaines portes, je sais déjà quel mode essayer.

Le test important consistait à supprimer les surprises

J’ai ensuite redémarré le téléphone. Pas le routeur. Le téléphone.

Je voulais voir ce qui se passerait en rouvrant l’application sans préparation supplémentaire. Elle était là. J’ai lancé le tunnel.

WhatsApp. Message envoyé. Puis j’ai recommencé sur l’ordinateur.

Le résultat n’avait rien de spectaculaire. C’était justement ce que je cherchais. Application présente.

Pas de mot de passe VPN à retrouver. Mode restrictif déjà identifié. Connexion testée.

Applications importantes déjà ouvertes à travers le tunnel. Je n’étais plus en train de me demander si le VPN fonctionnerait dans toutes les formes possibles de perturbation. Je m’assurais simplement qu’il ne me demanderait pas cinq étapes inutiles au moment où il pourrait être utile.

Puis il me restait un dernier test. Celui que le VPN devait forcément perdre.

J’ai coupé Internet — et le VPN n’a évidemment rien réparé

J’ai désactivé le Wi-Fi. Puis les données mobiles. Plus d’Internet.

J’ai ouvert l’application. Elle ne pouvait joindre aucun serveur. Ce test était presque aussi important que le précédent.

Il fixait la limite avant que j’aie besoin de m’en souvenir sous pression.

Si une future mesure ressemble à la suspension complète des données mobiles observée en février 2024, changer de protocole ou de serveur ne fera pas réapparaître le réseau.

Le VPN est un tunnel. Il lui faut encore un sol sous lequel passer.

Tant que je n’ai pas retrouvé une connexion — Wi-Fi fixe encore fonctionnel, autre accès disponible ou retour des données mobiles — il n’a rien sur quoi construire ce tunnel.

Cette limite ne diminuait pas l’intérêt de l’application. Elle m’empêchait simplement de lui demander le mauvais travail.

Et elle me rappelait qu’au Sénégal, disposer lorsque c’est possible de deux moyens d’accès différents peut compter davantage, pendant une coupure réelle, qu’avoir vingt destinations supplémentaires dans une liste de serveurs.

Le lendemain, je n’avais plus rien à décider

Le matin, Dakar avait retrouvé son rythme habituel autour de moi. Mon Wi-Fi fonctionnait. Les données mobiles aussi.

Ma visioconférence a commencé à l’heure. Il n’y a pas eu de restriction à contourner ce jour-là. Et cela ne rendait pas la préparation inutile.

Le résultat que je cherchais avait déjà eu lieu la veille.

Si WhatsApp, Telegram ou une autre plateforme devenait sélectivement inaccessible alors qu’Internet continuait à fonctionner, je savais quelle application ouvrir et quel mode essayer.

Si les données mobiles disparaissaient entièrement, je savais aussi que passer dix minutes à changer de serveur ne servirait à rien tant que je n’aurais pas retrouvé une connexion.

Cette distinction m’évitait les deux erreurs que j’aurais probablement faites auparavant : attendre le début du problème pour préparer le VPN ; ou croire qu’un VPN pouvait résoudre une véritable absence de réseau.

Le petit service me demandait moins de choses au mauvais moment

Un fournisseur beaucoup plus ancien garde des avantages évidents. Davantage de régions. Plus d’années d’existence.

Plus de documentation et de retours publics. Si j’avais eu besoin de dizaines de destinations ou d’une configuration réseau très avancée, ces différences auraient pesé davantage. Mais ce n’était pas ma question à Dakar.

Je voulais qu’un outil déjà présent sur mes appareils soit utilisable rapidement si le réseau commençait à se comporter autrement que la veille.

Le fait de ne pas dépendre d’un compte traditionnel pour l’usage de base supprimait une étape exactement là où je ne voulais pas en ajouter.

Et le mode pour réseaux restrictifs me donnait une action claire lorsque la connexion existait encore mais que certaines routes devenaient difficiles.

Il ne pouvait pas ressusciter une connexion mobile coupée. Je le savais désormais. Mais c’est justement une fois cette limite comprise que son intérêt devenait le plus net.

Je ne l’avais pas installé pour fabriquer Internet.

Je l’avais installé pour éviter de devoir installer, configurer et comprendre mon outil de contournement après que le réseau avait déjà commencé à se refermer.

En juin 2023, des utilisateurs sénégalais échangeaient encore des noms de VPN alors que les réseaux sociaux et même l’accès à certaines applications devenaient déjà problématiques.

Moi, ce soir-là à Dakar, WhatsApp fonctionnait, le magasin d’applications fonctionnait, ma messagerie fonctionnait et je pouvais encore récupérer n’importe quel mot de passe.

C’était précisément pour cette raison que le meilleur moment pour préparer mon VPN n’était pas pendant la perturbation : c’était la veille, quand je n’en avais encore besoin pour rien.

Questions fréquentes

Quelle différence y a-t-il entre un filtrage de plateformes et une coupure des données mobiles ?

Dans le premier cas, Internet fonctionne encore mais certaines destinations sont bloquées ou perturbées. Dans le second, la connexion sous-jacente elle-même disparaît, ce qui ne laisse plus de route sur laquelle établir un tunnel VPN.

Pourquoi installer et tester le VPN avant une perturbation ?

Parce qu’après le début d’un problème, le magasin d’applications, le site du fournisseur, la messagerie ou le gestionnaire d’authentification peuvent eux-mêmes devenir difficiles à joindre. La préparation réduit ces dépendances.

Que faut-il vérifier pendant que tout fonctionne encore ?

L’article recommande surtout de s’assurer que l’application s’ouvre, que le tunnel peut se connecter, que les services importants fonctionnent à travers lui et que le mode destiné aux réseaux restrictifs est déjà identifié.

Un VPN peut-il rétablir Internet si les données mobiles sont complètement suspendues ?

Non. Il lui faut toujours une connexion sous-jacente, par exemple un Wi‑Fi fixe encore disponible ou le retour du réseau mobile, pour pouvoir construire son tunnel.