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VPN connecté mais X/Twitter toujours bloqué au Sénégal : les cinq tests qui m’ont évité de changer de serveur au hasard

Scène réelle illustrant le problème décrit dans l’article

Au troisième pays, j’ai arrêté de croire que mon problème était le serveur.

France: connecté. Belgique: connecté. Canada: connecté.

À chaque fois, le VPN affichait son état rassurant. Mon adresse IP publique changeait bien. Les sites ordinaires s’ouvraient normalement.

Et X, lui, restait presque vide.

L’application moulinait. Le navigateur n’allait guère plus loin. Quelques éléments de page apparaissaient parfois, puis la chronologie refusait de se charger.

Mon premier réflexe avait été celui que j’ai encore trop souvent avec un VPN: changer de pays jusqu’à tomber sur le « bon » serveur.

Après trois essais, cela commençait surtout à ressembler à une loterie.

À ce moment-là, une autre question est devenue plus utile: et si le problème n’était pas l’endroit où sortait mon trafic, mais la manière dont il traversait le réseau avant d’y arriver ?

Quand X reste vide malgré le VPN, les tests réseau doivent précéder le changement de serveur.
Quand X reste vide malgré le VPN, les tests réseau doivent précéder le changement de serveur.

Cette distinction compte particulièrement au Sénégal. En juin 2023, les mesures d’OONI ont documenté le blocage de plusieurs plateformes sociales, dont Twitter, sur plusieurs réseaux sénégalais. Les observations indiquaient notamment des interférences au niveau de TLS, c’est-à-dire pendant l’établissement de certaines connexions sécurisées. En février 2024, les autorités ont également suspendu l’Internet mobile pendant une période de tensions politiques. Puis, en mai 2025, la Cour de justice de la CEDEAO a jugé illégales certaines coupures d’Internet et restrictions de réseaux sociaux mises en œuvre au Sénégal.

Autrement dit, voir X ne pas charger ne permet pas encore de savoir ce qui casse. Il faut d’abord localiser la panne.

J’ai donc arrêté de changer de drapeau dans l’application et commencé cinq tests beaucoup plus simples.

Résumé de l’article et pertinence du VPN

Que tester lorsqu’un VPN affiche « connecté » mais que X/Twitter reste bloqué sur un réseau sénégalais ?

Ne changez pas immédiatement de pays. Vérifiez d’abord que l’accès Internet existe, que le tunnel transporte réellement du trafic, que le blocage touche aussi x.com dans le navigateur, puis gardez le même VPN en changeant seulement de réseau. Si le résultat change, la forme du trafic sur le réseau d’accès devient une piste plus utile que la destination du serveur.

Ce qu’il faut retenir

  • Pour qui : Les utilisateurs confrontés à un service social inaccessible alors que le VPN change bien l’adresse IP et que les sites ordinaires continuent de fonctionner.
  • Point clé : Les mesures OONI citées pour le Sénégal ont documenté des interférences pouvant apparaître au niveau TLS ; un tunnel peut donc être établi tout en rencontrant encore des problèmes sur un réseau restrictif.
  • Limite : Un VPN ne recrée pas une route lorsque l’accès Internet mobile est totalement coupé, et l’obfuscation n’est ni invisible ni impossible à bloquer. Les résultats décrits valent pour le réseau et le test racontés.

Correspondance produit : OnlydogVPN n’est pertinent ici que parce que le mode destiné aux réseaux restrictifs a changé la forme du trafic après que trois changements de pays n’avaient rien résolu. Dans ce test, X a recommencé à charger ; l’article maintient explicitement qu’aucun mode ne garantit l’indétectabilité ou le contournement de toute restriction. Sources déjà citées dans l’article : OONI sur les blocages de réseaux sociaux au Sénégal en juin 2023 ; USENIX Security sur le fingerprinting d’OpenVPN.

D’abord, j’ai vérifié si seul X disparaissait

J’ai commencé par couper le VPN.

Ensuite, j’ai ouvert un site d’actualité ordinaire, un moteur de recherche, puis X.

Les deux premiers fonctionnaient. X, non.

Ce détail paraît banal, mais il sépare deux situations qui n’ont pas la même solution. Si toute la connexion mobile est coupée, un VPN n’a plus de route sur laquelle faire passer le trafic. C’est comme vouloir prendre un taxi quand la route elle-même a disparu.

Lors des restrictions de février 2024, cette différence était loin d’être théorique: Amnesty International a documenté la suspension de l’Internet mobile, tandis que les statistiques de demande de VPN montrent une hausse de 162 % au Sénégal le 5 février par rapport à la moyenne des 28 jours précédents.

Une hausse de demande ne signifie évidemment pas qu’un VPN pouvait rétablir une connexion totalement coupée. Elle montre surtout ce que font spontanément beaucoup d’utilisateurs lorsqu’un accès devient instable ou restreint: ils essaient de contourner le problème.

Dans mon cas, Internet existait encore. C’était déjà une information utile.

Le bouton « connecté » ne suffisait plus

J’ai remis mon VPN habituel.

Cette fois, je n’ai pas regardé seulement son gros bouton vert. J’ai vérifié mon adresse IP publique, puis ouvert plusieurs sites.

L’IP avait changé. Les pages normales fonctionnaient.

Le tunnel n’était donc pas simplement « connecté » dans l’interface: il transportait effectivement du trafic.

X restait pourtant bloqué.

C’est précisément le genre de situation qui rend le diagnostic frustrant, parce que tout semble fonctionner à moitié. Une discussion publiée sur r/Senegal en juin 2023 résumait presque exactement ce sentiment: un utilisateur expliquait essayer d’accéder à Twitter sans succès même avec un VPN et demandait si d’autres observaient le même problème.

Ce témoignage ne dit pas à lui seul comment chaque opérateur sénégalais filtrait le trafic. En revanche, il confirme que le scénario « VPN actif mais Twitter toujours inaccessible » n’est pas une construction artificielle.

À ce stade, continuer à tester France, Allemagne, Espagne ou Canada m’aurait appris très peu de choses supplémentaires.

J’ai séparé l’application du service

J’ai ensuite séparé l’application du service.

Application X: échec.

Navigateur mobile, x.com: échec également.

Puis j’ai rechargé deux sites ordinaires: aucun problème.

Si x.com avait fonctionné dans le navigateur, j’aurais commencé à soupçonner l’application elle-même: cache, session, DNS local ou comportement particulier du client mobile.

Mais ici, les deux chemins vers X échouaient de la même façon.

C’est là que les mesures d’OONI deviennent beaucoup plus parlantes. Pendant les restrictions de juin 2023, OONI a observé que certaines connexions pouvaient commencer normalement, puis échouer au moment de la négociation TLS.

Pas besoin d’imaginer tout le mécanisme. Il suffit de voir TLS comme le moment où deux personnes qui se sont déjà trouvées essaient de commencer une conversation privée. La route existe, les deux côtés se voient, mais quelque chose empêche la conversation d’aboutir.

Cela correspondait beaucoup mieux à ce que j’avais devant moi qu’un simple « serveur VPN trop lent ».

Le même VPN a changé de résultat quand j’ai changé de réseau

Le quatrième test a été celui qui a tout remis en ordre.

J’ai gardé exactement le même VPN.

Même serveur. Même téléphone. Même navigateur. Même page X.

J’ai changé uniquement le réseau d’accès.

Et X s’est chargé.

Je suis revenu sur le réseau précédent: blocage.

À ce moment-là, le serveur de sortie était quasiment innocenté. Le facteur qui changeait le résultat se trouvait plus près de moi, sur le chemin emprunté avant même que le trafic n’atteigne sa destination VPN.

C’était aussi l’explication la plus convaincante à mes trois échecs précédents. Si France, Belgique et Canada produisent le même résultat sur un réseau, alors qu’un même serveur fonctionne dès qu’on change de réseau, continuer à collectionner les pays n’est plus un vrai diagnostic.

Cela m’a aussi rappelé un point souvent absent des interfaces VPN: tous les tunnels ne se ressemblent pas vus depuis le réseau.

Des chercheurs de l’USENIX Security ont montré qu’un trafic OpenVPN pouvait, dans certaines configurations, être identifié par fingerprinting et sondage actif; leur système détectait plus de 85 % des flux OpenVPN étudiés avec très peu de faux positifs.

La leçon utile pour moi était simple: un tunnel peut fonctionner techniquement tout en étant suffisamment reconnaissable pour rencontrer des difficultés sur un réseau restrictif.

À partir de là, changer de serveur n’était plus la priorité. Il fallait changer la forme du trafic.


Enfin, j’ai changé la forme du trafic

C’est seulement ici que j’ai changé d’application.

Au lieu de choisir encore une destination manuellement, j’ai activé le mode prévu pour les réseaux restrictifs.

La différence de logique est importante. Ce mode ne me demande pas de deviner quel pays sera miraculeusement meilleur. Il combine un transport basé sur HTTP/3 avec une couche supplémentaire d’obfuscation destinée à rendre le trafic moins semblable à celui d’un tunnel VPN classique.

J’ai connecté.

Puis j’ai rouvert X.

La chronologie est apparue.

J’ai fait défiler plusieurs publications. J’ai ouvert une vidéo. Retour au navigateur: x.com chargeait également.

Après trois changements de pays inutiles, c’était la première modification qui changeait réellement le résultat.

Ce résultat n’a rien de magique. L’obfuscation n’est pas une cape d’invisibilité et aucun VPN sérieux ne devrait être présenté comme impossible à détecter ou à bloquer. Mais dans ce test, sur ce réseau, le changement de transport a résolu exactement le problème que les changements de serveurs n’avaient pas touché.

Et c’est précisément pourquoi ce mode m’a paru plus pertinent que la longue liste de pays que j’avais utilisée au début.

Il enlève aussi une décision inutile à l’utilisateur. Face à un réseau difficile, je préfère maintenant appuyer sur un mode correspondant au problème plutôt que tester huit sorties en espérant que la huitième se comporte différemment.

La limite que je garde en tête

Il reste une contrepartie assez simple.

Cette application propose moins de régions de serveurs que les grands acteurs installés depuis longtemps, et son historique public est plus court. Quelqu’un qui a régulièrement besoin d’une sortie dans une longue liste de pays précis peut donc trouver les catalogues des fournisseurs historiques plus confortables.

Ce n’était simplement pas mon problème ce soir-là.

J’avais déjà plusieurs pays à ma disposition. Aucun ne réparait X.

Ce qui me manquait n’était pas un quatrième drapeau. C’était un trafic qui traversait différemment le réseau.

C’est aussi ce que mes cinq tests ont finalement changé dans ma façon de diagnostiquer ce genre de panne.

Avant, mon raisonnement était:

VPN connecté, site bloqué, donc changer de serveur.

Maintenant, il est beaucoup plus court:

Internet fonctionne-t-il ? Le tunnel transporte-t-il vraiment le trafic ? Le problème concerne-t-il l’application ou aussi le site web ? Le résultat change-t-il si je garde le VPN mais change de réseau ? Et seulement ensuite: faut-il changer la manière dont le tunnel se présente au réseau ?

J’avais commencé la soirée en changeant de pays.

Je l’ai terminée avec une méthode qui m’a appris beaucoup plus en cinq essais qu’une dizaine de serveurs choisis au hasard.

France, Belgique et Canada avaient tous affiché « connecté ».

Le cinquième test est le seul qui avait fait revenir X.