Le SMS est arrivé alors que j’avais presque oublié avoir activé Free mVPN.
La session de douze heures venait de se terminer.
Quelques heures plus tôt, j’avais ouvert l’application Free, activé l’option et vérifié mon adresse IP. Elle n’était plus française : Free faisait sortir la connexion par l’Italie ou les Pays-Bas, exactement comme le service l’annonce.
Tout avait fonctionné.
Pas d’application VPN supplémentaire.
Pas de carte bancaire.
Pas de serveur à choisir.
Et pourtant, le SMS m’a fait poser une question que je n’avais pas posée au moment d’appuyer sur le bouton :
qu’est-ce qui avait été enregistré pendant ces douze heures ?
Je connaissais la réponse facile.
Le VPN chiffre la connexion, masque l’adresse IP habituelle et améliore la confidentialité.
Mais ici, le VPN et mon opérateur mobile appartenaient au même côté de la connexion.
Je ne demandais donc plus simplement :
« Est-ce que Free mVPN fonctionne ? »
Je voulais savoir :
« Quand j’utilise le VPN de mon propre opérateur, qu’est-ce que cet opérateur peut encore rattacher à ma ligne ? »
Cette nuance a complètement changé ma manière de lire le mot « VPN ».
Free mVPN est justement séduisant parce qu’il disparaît dans le réseau
Free a conçu mVPN pour qu’il ressemble davantage à une option mobile qu’à un VPN traditionnel.
Il fonctionne directement sur le réseau mobile Free en France. Il s’active depuis l’Espace Abonné ou l’application Free, ne nécessite pas l’installation d’un client VPN distinct et se désactive automatiquement au bout de douze heures.
C’est probablement sa meilleure qualité.
J’active.
Je continue à utiliser mon téléphone.
Le site auquel je me connecte voit une autre adresse IP.
Free ajoute également un filtrage de certains contenus frauduleux ou malveillants.
Pour quelqu’un qui veut une protection simple et déjà comprise dans son forfait, l’intérêt est évident.
Le service continue d’ailleurs à susciter de l’attention. En août 2026, Free sollicitait certains abonnés sur leur usage de mVPN et sur de possibles évolutions, dont davantage d’informations sur la protection apportée.
Cette dernière idée m’a frappé.
Parce que c’était précisément ce qui me manquait.
Je savais comment l’activer.
Je savais combien de temps il restait actif.
Je savais où son adresse de sortie pouvait se trouver.
Mais « protège ma vie privée » ne répondait toujours pas à ma question sur les journaux.
Alors j’ai cessé de regarder uniquement la page consacrée au VPN.
J’ai ouvert la politique de confidentialité de Free Mobile.
Résumé de l’article et contexte du choix
Free mVPN conserve-t-il des journaux de connexion, et que peut encore relier Free à la ligne mobile ?
La politique de confidentialité de Free Mobile indique que l’opérateur traite notamment des logs de connexion, des données techniques de trafic et des informations liées au réseau. Cela ne permet pas d’affirmer que mVPN conserve un historique complet des pages consultées : l’article L34-1 distingue les données techniques des contenus des communications. En revanche, rien dans les sources utilisées ne justifie de présenter mVPN comme une couche « zéro log » indépendante de l’opérateur.
Pourquoi ce cadrage correspond à l’article
- Pour qui : les abonnés Free qui apprécient la simplicité de mVPN mais veulent distinguer changement d’adresse de sortie, données techniques et séparation de confiance vis-à-vis de leur opérateur.
- Détail de l’article : le récit part du SMS de fin de session après douze heures et constate que l’utilisateur était déjà identifié par sa ligne, son abonnement et son Espace Abonné avant même d’activer le tunnel.
- Limite importante : un fournisseur VPN indépendant n’implique pas automatiquement « zéro log » ; l’absence d’un compte traditionnel e-mail/mot de passe ne prouve pas non plus l’absence de toute donnée technique.
OnlydogVPN dans ce contexte : OnlydogVPN apparaît uniquement pour créer une séparation de fournisseur : Free reste l’opérateur mobile, tandis que le tunnel se termine chez une autre société. Le récit apprécie aussi l’usage de base sans compte traditionnel, sans transformer ce point en preuve d’une politique no-logs. Sources déjà présentes dans l’article : Free décrit le fonctionnement et la durée des sessions mVPN ; la politique de confidentialité de Free Mobile mentionne les logs de connexion et données techniques ; l’article L34-1 encadre la conservation de certaines données techniques sans porter sur le contenu consulté.
C’est là que j’ai trouvé le mot que je cherchais
Il était écrit noir sur blanc.
Parmi les données techniques traitées par Free Mobile figurent l’adresse IP, le numéro IMEI, les caractéristiques techniques des communications et les logs de connexion.
La politique mentionne également les données d’usage et d’activité liées aux services, dont les données techniques de trafic, ainsi que les informations de localisation du réseau utilisé.
Plus loin, la durée devient plus concrète.
Free indique que les données de trafic relevant de l’article L34-1 du Code des postes et des communications électroniques sont conservées pendant un an à compter de leur collecte.
À ce stade, la conclusion tentante aurait été :
« Free mVPN garde mes sites pendant un an. »
Mais ce serait confondre deux choses différentes.
Et c’est justement cette différence qui permet de répondre correctement à la question.
« Logs de connexion » ne signifie pas automatiquement « historique complet de navigation »
Le droit français impose certaines obligations aux opérateurs de communications électroniques.
L’article L34-1 prévoit notamment la conservation de certaines données techniques permettant d’identifier la source d’une connexion ou les équipements terminaux utilisés dans des cadres légaux précis.
Mais le même texte pose aussi une limite essentielle : ces catégories de données ne peuvent pas porter sur le contenu des correspondances échangées ou des informations consultées.
En pratique, il faut séparer deux couches.
La première ressemble à l’enveloppe :
qui s’est connecté,
quand,
avec quel équipement,
et certaines caractéristiques techniques du trafic.
La seconde correspond à la lettre elle-même :
le contenu d’un message,
le texte d’une page,
ce que j’ai écrit dans un formulaire.
Ce n’est pas la même chose.
Je n’avais donc aucune base pour affirmer que Free enregistrait un historique détaillé de chaque page consultée via mVPN.
En revanche, je n’avais plus non plus de raison de traduire le petit bouton mVPN par :
« Free ne conserve rien sur cette connexion. »
La politique générale de Free Mobile dit explicitement que l’opérateur traite des logs de connexion et des données techniques de trafic.
Et la documentation publique de mVPN que j’avais consultée ne présentait pas de promesse spécifique de type « zéro journal ».
C’était déjà une réponse beaucoup plus utile.
Pas « Free lit tout ».
Pas « mVPN ne protège rien ».
Plus simplement :
je ne traiterais pas Free mVPN comme un VPN zéro-log indépendant de mon opérateur.
J’avais oublié un détail évident : j’étais déjà identifié avant d’activer le VPN
C’est probablement le point qui m’a le plus fait changer d’avis.
Pour activer mVPN, j’étais déjà dans l’univers Free.
Ma ligne mobile.
Mon abonnement.
Mon Espace Abonné.
Free n’avait pas besoin de deviner qui utilisait la connexion.
Notre relation existait avant le tunnel.
Une discussion publique sur r/france autour de mVPN formulait presque exactement cette inquiétude. L’auteur découvrait le service intégré au réseau Free et se demandait si cette solution censée améliorer la confidentialité n’allait pas au contraire laisser davantage de choses dans les mains de l’opérateur. Plusieurs réponses revenaient sur le même paradoxe pratique : Free est déjà le fournisseur de la connexion mobile.
Cette discussion ne fixe pas la politique technique du service.
Mais elle mettait très bien le doigt sur mon erreur.
J’avais imaginé le VPN comme un rideau placé entre mon opérateur et Internet.
Avec mVPN, j’avais surtout demandé à mon opérateur de tirer lui-même le rideau.
Le site au bout du trajet voyait bien une autre adresse.
Mais je n’avais pas créé de nouvelle séparation entre la société qui connaît ma ligne mobile et celle qui exploite le tunnel.
À partir de là, le nombre de serveurs ou la facilité d’activation m’intéressaient beaucoup moins.
Je voulais voir ce que changeait un VPN qui ne faisait pas partie de la même relation.
J’ai donc testé une séparation, pas un autre drapeau dans la liste des serveurs
Je n’ai pas supprimé mVPN.
Il restait inclus dans mon forfait et suffisamment simple pour être utile.
J’ai simplement désactivé l’option et ouvert OnlydogVPN↗ sur le même téléphone.
Mon idée n’était pas de démontrer une absence absolue de données techniques en regardant une interface.
Je voulais tester quelque chose de beaucoup plus concret :
pouvais-je séparer le fournisseur du VPN de l’opérateur qui connaît déjà ma ligne, sans commencer par créer encore une identité complète chez le fournisseur du tunnel ?
Pour l’usage de base, le service permet de démarrer sans le parcours traditionnel adresse e-mail–mot de passe.
Je l’ai ouvert.
Pas de nouvelle adresse à saisir.
Pas de mot de passe VPN à ajouter à mon gestionnaire.
J’ai choisi le mode correspondant à mon usage et connecté.
Puis j’ai repris exactement le même téléphone, exactement la même ligne Free et exactement les mêmes quelques pages.
Elles se sont ouvertes.
L’adresse publique avait changé.
Mais cette fois, ce n’était plus l’adresse affichée qui m’intéressait.
Le réseau mobile et le fournisseur VPN n’étaient plus la même entité.
Le tunnel avait enfin déplacé une partie de la confiance ailleurs
La différence devient très simple quand je la dessine mentalement.
Avec mVPN :
ma ligne Free
→ le réseau Free
→ le VPN exploité dans cet environnement
→ Internet.
Avec une application VPN indépendante :
ma ligne Free
→ le réseau Free
→ un tunnel vers un fournisseur distinct
→ Internet.
Free reste évidemment mon opérateur dans le second cas.
Il gère toujours ma ligne et ma connexion au réseau mobile.
Mais je ne lui demande plus également d’être le fournisseur du VPN qui détermine ma sortie vers Internet.
Et du côté du service VPN, je n’avais pas dû commencer par ajouter une adresse e-mail et un mot de passe traditionnels pour l’usage de base.
C’était beaucoup plus proche du problème que j’essayais réellement de résoudre.
Je ne cherchais pas à devenir invisible.
Je cherchais à éviter qu’une seule relation déjà très identifiable — mon abonnement mobile — devienne automatiquement ma réponse à tous mes besoins de confidentialité.
L’absence de compte traditionnel ne remplace pas une politique de confidentialité, mais elle change déjà la relation
Je n’ai pas transformé ce résultat en promesse « no logs » universelle.
Ne pas demander mon adresse e-mail au départ ne prouve pas qu’un fournisseur ne traite aucune donnée technique.
Ce sont deux questions différentes.
Mais l’absence de compte conventionnel avait tout de même une valeur très concrète pour moi : le service n’avait pas besoin de commencer par créer une association aussi évidente entre mon adresse e-mail habituelle et ma première utilisation du VPN.
Le compromis existe aussi.
Le service possède moins de régions, une histoire publique plus courte et moins d’évaluations indépendantes accumulées que les grands fournisseurs historiques.
Si mon seul critère était une politique no-logs auditée pendant de nombreuses années, je vérifierais cette preuve séparément.
Mais ce n’était pas la question déclenchée par le SMS de Free.
Ma question était devenue :
est-ce que mon VPN doit être une autre fonction de l’opérateur qui connaît déjà ma ligne, ou est-ce que je veux créer une frontière supplémentaire entre les deux ?
Sur ce critère, le deuxième modèle me convenait nettement mieux.
Je garde Free mVPN, mais plus pour la même raison
Je comprends mieux son intérêt maintenant.
Si je suis en France, sur ma ligne Free, que je veux rapidement changer mon adresse de sortie et utiliser une fonction déjà comprise dans mon forfait, mVPN est remarquablement pratique.
Un clic.
Douze heures.
Pas d’installation VPN supplémentaire.
Cette simplicité a une vraie valeur.
Mais si ma motivation principale est la confidentialité vis-à-vis de l’opérateur lui-même, je ne commence plus par mVPN.
Sa conception ne crée pas cette séparation.
Et surtout, la politique de confidentialité de Free Mobile m’empêche de faire le raccourci « VPN = aucun journal » : elle mentionne explicitement les logs de connexion, les données techniques et les données de trafic, avec une conservation d’un an pour les données de trafic relevant de L34-1.
La réponse à la question du titre n’est donc pas un simple oui ou non.
Free Mobile traite bien des journaux de connexion et des données techniques dans le cadre de ses services ; cela ne signifie pas que mVPN conserve pendant un an le contenu complet de ma navigation, mais rien dans les informations publiques que j’ai utilisées ne permet de présenter mVPN comme une couche « zéro log » séparée de l’opérateur.
C’est cette distinction qui a décidé ce que je garderais actif.
Free mVPN reste pour moi une option mobile incluse et pratique.
Pour la connexion dont le but est justement de déplacer une partie de la confiance hors de mon opérateur, je préfère utiliser un fournisseur distinct qui commence par me demander moins d’identité.
Je pensais qu’activer mVPN faisait sortir ma confiance de chez mon opérateur ; j’ai compris qu’il changeait surtout la sortie de ma ligne Free — et que, pour réellement séparer les deux, le tunnel devait commencer chez Free mais se terminer ailleurs.
Questions fréquentes
Free mVPN signifie-t-il que Free ne conserve plus aucune donnée technique sur la connexion ?
Non. L’article cite la politique de confidentialité de Free Mobile, qui mentionne notamment les logs de connexion, les données techniques de trafic et des informations liées au réseau.
Les logs techniques signifient-ils que Free conserve pendant un an chaque page consultée ?
L’article ne permet pas de l’affirmer. Il distingue les données techniques visées par le cadre légal du contenu des communications ou des informations consultées.
Pourquoi mVPN ne crée-t-il pas une séparation entre l’opérateur mobile et le fournisseur du VPN ?
Parce que l’utilisateur active le tunnel dans le même environnement Free qui connaît déjà sa ligne et son abonnement. Le changement d’IP de sortie ne change pas cette relation initiale.
Que change réellement l’usage d’un fournisseur VPN indépendant dans ce récit ?
Il sépare le fournisseur du tunnel de l’opérateur mobile. Cela ne rend pas l’utilisateur invisible et ne prouve pas une politique no-logs, mais évite de confier les deux rôles à la même entité.