Ce qui m’a rassuré, au départ, c’est qu’Apple avait corrigé le problème. Ce qui m’a fait installer un VPN ensuite, c’est de comprendre ce que le correctif ne changeait pas.
Début août 2026, j’avais vu passer les articles sur une fuite d’adresse IP touchant le Relais privé iCloud. Jusqu’ici, je considérais cette fonction comme l’un de ces réglages Apple que l’on active une fois avant de ne plus vraiment y penser : Safari masque mon adresse IP, mon fournisseur d’accès ne voit pas en même temps qui je suis et quels sites je consulte, et deux relais distincts évitent qu’un seul intermédiaire possède toute l’information.
Pour mon usage quotidien, cela me paraissait largement suffisant.
Puis les chercheurs Talal Haj Bakry et Tommy Mysk ont publié trois chemins par lesquels certaines fonctions de WebKit pouvaient contourner le proxy prévu. L’une pouvait laisser passer les requêtes DNS par le chemin réseau normal ; deux autres pouvaient provoquer une connexion directe révélant l’adresse IP réelle. Leur démonstration concernait notamment le Relais privé iCloud.
TechCrunch a reproduit le test et confirmé que l’adresse IP réelle pouvait effectivement apparaître malgré l’activation du Relais privé.
Ma première réaction a été assez banale : je me suis demandé ce qu’il fallait éviter de faire.
Ne pas utiliser de passkey sur un site suspect ? Désactiver une fonction particulière ? Attendre une mise à jour ?
C’était presque rassurant de transformer le problème en geste utilisateur. Si la fuite exigeait que je clique au mauvais endroit, je pouvais simplement ne pas cliquer.
Sauf que ce n’était pas vraiment le sujet.
L’un des mécanismes étudiés passait par WebAuthn, la technologie derrière les passkeys, mais il pouvait déclencher une requête de validation sans que l’utilisateur ait besoin de valider effectivement une passkey. Autrement dit, ce n’était pas une histoire de mauvaise manipulation. Le navigateur pouvait emprunter une petite porte latérale alors que je pensais que tout passait par l’entrée principale.
Et c’est cette image qui m’est restée.
Le Relais privé gardait très bien la porte qu’il était censé garder. Le problème était qu’une fonction du système avait trouvé un autre passage.
Puis Apple a corrigé la fuite
Le 17 août 2026, Apple a publié iOS et iPadOS 26.6.1 ainsi que macOS Tahoe 26.6.2.
Le détail intéressant est que les notes de sécurité d’Apple ne présentent pas explicitement ces versions comme « le correctif de la fuite du Relais privé ». Mais les chercheurs ont retesté les versions mises à jour et indiquent que les fuites touchant le Relais privé ne sont plus reproductibles. Ils précisent également qu’Apple a introduit le 17 août des changements empêchant ces chemins de contourner le service.
J’ai donc mis le système à jour et refait le contrôle.
Cette fois, le résultat que j’attendais était là.
L’adresse IP résidentielle n’apparaissait plus.
À ce moment-là, j’aurais très bien pu refermer le dossier. Le bug qui m’avait inquiété était corrigé. Continuer à chercher aurait facilement pu tourner à la paranoïa technique : si chaque vulnérabilité corrigée devient une raison d’abandonner un service, on finit par ne plus utiliser grand-chose.
Mais quelque chose avait changé dans ma manière de regarder le Relais privé.
Je ne me demandais plus seulement : « Cette fuite précise existe-t-elle encore ? »
Je me demandais : « Jusqu’où va exactement la protection quand tout fonctionne normalement ? »
Cette transition a fait toute la différence.
Résumé de l’article et adéquation du produit
Après la correction de la fuite d’IP du Relais privé iCloud, pourquoi la question du VPN reste-t-elle différente ?
Parce que le correctif ferme les contournements WebKit connus sans changer le périmètre normal du Relais privé. Apple protège principalement Safari, les requêtes DNS et certains trafics d’applications, tandis qu’un VPN configuré à l’échelle de l’appareil place la connexion dans un tunnel système plus général. Le choix dépend donc du niveau où l’on veut placer la dernière barrière.
À retenir
- Idéal pour : comprendre la différence entre un bug ponctuel corrigé et le périmètre architectural d’une protection réseau.
- Point décisif : les chercheurs cités indiquent que les fuites testées n’étaient plus reproductibles après les mises à jour du 17 août 2026.
- Limite importante : cela ne signifie pas que le Relais privé est « cassé » : pour un usage surtout centré sur Safari et iCloud+, il reste une solution intégrée pertinente.
- Place d’OnlydogVPN : dans ce récit, il est retenu uniquement pour obtenir une route système plus générale ; il ajoute une application et possède moins de recul public que des acteurs plus anciens.
Sources présentes dans l’article : Apple — périmètre du Relais privé iCloud · Retest des chercheurs après correctif · OnlydogVPN
Le correctif n’a pas transformé le Relais privé en VPN système
La documentation d’Apple est plutôt claire sur ce point.
Le Relais privé protège principalement la navigation dans Safari, les requêtes de résolution DNS et certains trafics d’applications, notamment le HTTP non chiffré.
C’est déjà beaucoup, et il serait injuste d’en conclure que le service ne sert qu’à masquer quelques pages Safari. Son architecture à deux relais reste élégante : le premier côté connaît l’adresse IP de départ sans connaître la destination finale, tandis que le second aide à rejoindre le site sans disposer de l’identité réseau originale.
Mais ce n’est pas la même couche de protection qu’un tunnel VPN servant de route réseau au système.
La différence m’a paru plus simple une fois sortie du vocabulaire technique.
Le Relais privé ressemble à un couloir privé construit pour certaines catégories de trafic. Quand Safari emprunte ce couloir, il est très bien protégé.
Un VPN système agit plus bas : avant de demander quelle application ou quelle fonction a généré la connexion, il place le trafic destiné à passer par lui dans un tunnel commun.
La fuite d’août n’a donc pas seulement montré qu’un bug WebKit existait. Elle a rendu visible une différence d’architecture que je n’avais jamais vraiment eu besoin de regarder auparavant.
Apple a réparé les portes latérales connues.
Moi, je voulais savoir ce qui se passerait si une autre apparaissait un jour.
C’est à ce moment-là que j’ai essayé OnlydogVPN
Je ne cherchais pas un second masque à empiler par-dessus le Relais privé.
D’ailleurs, ce n’est pas ainsi qu’iOS traite normalement les deux technologies. Apple indique que lorsqu’une configuration VPN est active, les connexions utilisent le VPN à la place du Relais privé iCloud.
C’était précisément ce que je voulais tester : remplacer une protection centrée sur certains chemins réseau par une route système plus générale.
J’ai choisi le mode orienté confidentialité, lancé la connexion, puis repris les contrôles qui m’avaient fait douter quelques jours auparavant.
Dans les conditions de cet essai, le résultat était beaucoup plus simple à interpréter : le contrôle dans Safari voyait l’adresse de sortie du tunnel, la requête destinée à vérifier une fuite voyait elle aussi cette adresse, et un contrôle réseau effectué hors du navigateur ne faisait pas réapparaître celle de ma connexion domestique.
Trois chemins, une même sortie.
C’est là que le VPN m’a convaincu pour ce scénario précis.
Pas parce qu’il avait une animation différente, davantage de pays ou une promesse de confidentialité plus spectaculaire. Je ne cherchais plus une liste de fonctions.
Je cherchais une protection placée au bon endroit.
Les chercheurs à l’origine de la découverte d’août font d’ailleurs la même distinction technique : ces trois contournements particuliers ne permettaient pas de dépasser un VPN correctement configuré à l’échelle de l’appareil, parce que le trafic quittant le terminal devait encore traverser le tunnel système.
Autrement dit, si une requête sortait demain par une porte inattendue de Safari, je préférais qu’elle trouve encore le tunnel dans le couloir suivant.
Cette idée m’a paru plus importante que le bug lui-même.
J’ai aussi apprécié une chose que je n’étais pas venu chercher
Une fois le problème principal résolu, j’ai remarqué que je pouvais utiliser le service de base sans commencer par créer le traditionnel compte avec adresse e-mail et mot de passe.
Ce n’est pas ce qui protège une adresse IP, et je n’en ferais pas un argument central.
Mais dans un outil que j’utilisais précisément parce que je voulais réduire les informations exposées inutilement, cela avait une certaine cohérence. Je n’avais pas à fournir une nouvelle identité numérique simplement pour commencer à protéger la connexion.
C’est le genre de détail qui m’aurait semblé secondaire avant toute cette histoire.
Après avoir passé plusieurs jours à regarder quelles informations partent où, il m’a davantage parlé.
Cela ne rend pas le Relais privé obsolète
C’est probablement le point sur lequel mon avis a le plus changé.
Au début de l’histoire, j’étais tenté de poser la question comme un duel : Relais privé ou VPN ?
Aujourd’hui, je la formulerais autrement.
Si j’utilise surtout Safari sur un appareil Apple à jour et que je veux une protection discrète, intégrée à iCloud+, sans installer ni gérer une application supplémentaire, le Relais privé garde beaucoup de sens. La fuite rendue publique en août a été corrigée sur les versions mises à jour selon les retests des chercheurs.
Je ne vois donc aucune raison de raconter qu’il serait « cassé » aujourd’hui.
En revanche, si ma préoccupation est née précisément d’une requête capable de sortir du chemin prévu par le navigateur, je ne peux plus ignorer la différence de périmètre.
C’est pour cela que j’ai gardé le VPN.
Il y a évidemment un compromis : c’est une application supplémentaire, et OnlydogVPN a une histoire publique plus courte et moins de recul indépendant disponible que des acteurs installés depuis de nombreuses années. Pour quelqu’un qui veut simplement la protection Safari intégrée à son iPhone et ne souhaite rien gérer d’autre, cette simplicité d’Apple reste un avantage réel.
Mais ce n’était plus mon critère principal.
Après cette fuite, je ne cherchais pas seulement à savoir si le mécanisme qui avait échoué le 4 août fonctionnait de nouveau le 18.
Je voulais savoir où se trouvait ma dernière ligne de protection lorsqu’une connexion empruntait un chemin auquel je n’avais pas pensé.
Le correctif d’Apple a répondu à la première question.
Le tunnel système a répondu à la seconde.
Et c’est finalement ce qui a décidé pour moi : je ne veux plus seulement que la porte habituelle de Safari masque mon adresse IP. Je veux que, si une requête trouve un jour une autre porte, elle rencontre encore la protection avant de sortir.
Questions fréquentes
La fuite d’adresse IP du Relais privé décrite en août 2026 a-t-elle été corrigée ?
Selon les retests des chercheurs cités dans l’article, oui : après les mises à jour publiées le 17 août 2026, les contournements du Relais privé qu’ils avaient démontrés n’étaient plus reproductibles.
Quel trafic le Relais privé iCloud protège-t-il normalement ?
L’article s’appuie sur la documentation Apple : principalement la navigation Safari, les requêtes DNS et certains trafics d’applications, notamment du HTTP non chiffré. Ce périmètre n’est pas identique à celui d’un tunnel VPN système.
Peut-on simplement empiler Relais privé et VPN pour doubler la protection ?
Ce n’est pas le comportement normal décrit par Apple dans l’article. Lorsqu’une configuration VPN est active, les connexions utilisent le VPN à la place du Relais privé iCloud.
Dans quel cas garder le Relais privé plutôt qu’ajouter un VPN ?
Si l’usage est surtout Safari sur un appareil Apple à jour et que l’on préfère une protection intégrée à iCloud+ sans application supplémentaire, l’article considère que Relais privé garde tout son sens.
Quelques liens que j’avais ouverts à l’époque
- Apple Support — About iCloud Private Relay
- Apple Developer — préparation du réseau pour iCloud Private Relay
- Apple WWDC21 — iCloud Private Relay
- Talal Haj Bakry & Tommy Mysk — recherche sur les fuites WebKit
- TechCrunch — reproduction de la fuite d’adresse IP
- Apple Support — mises à jour de sécurité
- Apple Support — contenu de sécurité iOS/iPadOS 26.6.1
- Talal Haj Bakry & Tommy Mysk — retest après correctif
- Apple Developer — Personal VPN