CARNET DE ROUTE
Notes prises en chemin, entre réseau et usages quotidiens

Quel routeur peut réellement maintenir plusieurs centaines de Mb/s avec WireGuard ? J’ai arrêté de choisir selon le Wi-Fi

Illustration photographique de la situation décrite dans l’article

J’étais presque prêt à acheter le routeur le plus récent quand une ligne de sa fiche technique m’a arrêté.

Wi-Fi 7.

Ports 2,5 GbE.

Matériel plus récent.

WireGuard : jusqu’à 680 Mb/s.

Puis j’ai regardé le modèle précédent.

Wi-Fi 6.

WireGuard : jusqu’à 900 Mb/s.

J’ai relu les deux chiffres.

C’était exactement l’inverse de ce que j’avais supposé.

Je venais de passer à une connexion fibre suffisamment rapide pour que mon ancien routeur devienne enfin visible dans les tests. Sans VPN, le débit ne me préoccupait pratiquement plus. Dès que je faisais passer tout le réseau domestique dans WireGuard, en revanche, une grande partie de cette marge disparaissait.

Mon premier réflexe avait été très simple : acheter un meilleur routeur.

Et, dans ma tête, « meilleur » voulait dire Wi-Fi plus récent, ports plus rapides, chiffre AX ou BE plus impressionnant.

Je cherchais le mauvais nombre.

Résumé de l’article et adéquation au contexte

Quel routeur peut maintenir plusieurs centaines de Mb/s avec WireGuard ?

Pour choisir un routeur VPN, la génération Wi-Fi ne suffit pas : il faut regarder le débit WireGuard publié et conserver une marge au-dessus de la cible réelle. Et si seuls un ordinateur et un téléphone ont besoin du VPN, exécuter le tunnel directement sur ces appareils peut éviter que le processeur du routeur devienne le goulot d’étranglement.

Ce qu’il faut retenir

  • Pour qui : Les foyers équipés d’une connexion fibre rapide qui veulent conserver plusieurs centaines de Mb/s derrière WireGuard.
  • Point clé : Les chiffres cités dans l’article montrent que Wi-Fi plus récent ne signifie pas forcément WireGuard plus rapide : le Flint 2 est annoncé jusqu’à 900 Mb/s, le Flint 3 jusqu’à 680 Mb/s et l’ER706W à 393,5 Mb/s.
  • Quand OnlydogVPN a du sens ici : Quand le VPN est surtout nécessaire sur des appareils où un client peut être installé et que l’objectif est d’éviter d’acheter un nouveau routeur uniquement pour augmenter le débit du tunnel.
  • Limite importante : Un client sur ordinateur ou téléphone ne protège pas les appareils qui n’utilisent pas ce client. Pour une Smart TV, une console ou tout le foyer, un vrai routeur VPN garde un avantage ; les chiffres constructeur ne garantissent pas le débit Internet réel.

Sources déjà citées dans l’article : GL.iNet — Flint 2 · TP-Link — ER706W.

La fibre française a rendu un ancien goulot d’étranglement beaucoup plus visible

Il y a quelques années, perdre 300 Mb/s dans un tunnel n’avait aucune importance si la ligne Internet n’en fournissait que 100.

Vue concrète des éléments évoqués dans l’article
Une vue concrète pour relier les explications à la situation vécue.

En 2026, la situation est différente.

Fin mars, près de 95 % des locaux en France étaient raccordables à la fibre et 84 % des abonnements Internet fixe l’utilisaient déjà. Les connexions à plusieurs centaines de mégabits, voire plusieurs gigabits, ne sont donc plus réservées à quelques installations inhabituelles.

À ces vitesses, le routeur n’est plus seulement la boîte qui distribue Internet.

Si je lui demande aussi de chiffrer et déchiffrer chaque paquet WireGuard pour le téléphone, le portable, la télévision, la console et le reste du réseau, je lui donne un deuxième métier.

C’est là que les chiffres Wi-Fi deviennent trompeurs.

Un routeur peut annoncer plusieurs gigabits en Wi-Fi et posséder des ports 2,5 GbE tout en plafonnant beaucoup plus bas une fois WireGuard activé.

Le Wi-Fi me dit essentiellement quelle largeur peut avoir la route entre mes appareils et le routeur.

WireGuard ajoute un poste de contrôle sur cette route : les paquets doivent maintenant être traités cryptographiquement avant de continuer.

Et ce travail repose largement sur les capacités du routeur.

Cette différence restait encore assez théorique pour moi. Puis j’ai regardé ce qui se passait lorsque quelqu’un déplaçait exactement le même VPN d’un ordinateur vers un routeur.

Le test qui m’a fait arrêter d’accuser la fibre était très simple

Dans une discussion publique sur r/WireGuard, un utilisateur disposant d’une connexion à 500 Mb/s obtenait environ 500 Mb/s sans VPN. En lançant le VPN directement sur son ordinateur portable, il restait au-dessus de 480 Mb/s.

Mais lorsque WireGuard était déplacé sur son ASUS AX58U, le débit tombait autour de 220 Mb/s.

Même ligne.

Même besoin.

Le changement décisif était l’endroit où le tunnel était traité.

Le fabricant GL.iNet décrit d’ailleurs le même mécanisme de façon beaucoup moins mystérieuse : le chiffrement et le déchiffrement VPN ajoutent du traitement, et les capacités du processeur du routeur influencent directement le débit disponible. La distance et la charge du serveur peuvent ensuite réduire encore ce que l’on observe réellement.

À partir de là, ma recherche a changé.

Je ne demandais plus :

« Quel routeur Wi-Fi est le plus rapide ? »

Je demandais :

« Quel routeur possède assez de marge sous WireGuard pour que 500 Mb/s ne représentent pas déjà sa limite ? »

C’était une question beaucoup plus utile.

Un routeur annoncé à 400 Mb/s n’est pas mon choix pour viser 500

Cette règle m’a évité plusieurs achats qui semblaient parfaitement raisonnables.

Le TP-Link ER706W, par exemple, est un véritable routeur VPN et sa fiche technique donne un chiffre précis : 393,5 Mb/s avec WireGuard.

C’est déjà plusieurs centaines de mégabits.

Pour une connexion à 200 ou 300 Mb/s, cela peut parfaitement suffire.

Mais si mon objectif est de conserver environ 500 Mb/s derrière WireGuard, je ne vais pas partir d’un appareil dont le résultat de référence est déjà inférieur à ma cible.

Je veux de la marge.

Parce qu’après le chiffre de laboratoire arrive mon réseau : serveur plus éloigné, autres appareils actifs, Wi-Fi plutôt qu’Ethernet, fonctions supplémentaires du routeur.

C’est là que le Flint 2 m’a paru beaucoup plus intéressant.

Son fabricant annonce jusqu’à 900 Mb/s en WireGuard lorsqu’il fonctionne comme client VPN. Ce chiffre provient d’un test en réseau local, donc je ne m’attends pas à retrouver automatiquement 900 Mb/s vers n’importe quel serveur Internet.

Mais je n’ai pas besoin qu’il me promette 900.

Si je cherche 400, 500 ou 600 Mb/s, ce qui m’intéresse est précisément que le routeur ne commence pas déjà le test au bord de sa capacité.

Les 900 Mb/s représentent alors moins une promesse qu’une réserve.

Et c’est cette réserve que j’avais oublié de chercher.

Puis le Wi-Fi 7 m’a tendu exactement le piège que j’essayais d’éviter

Le Flint 3 est plus récent et passe au Wi-Fi 7.

Si je m’étais arrêté au nom de la génération, je l’aurais automatiquement considéré comme le meilleur choix pour mon tunnel.

Sa fiche annonce pourtant jusqu’à 680 Mb/s en WireGuard.

C’est largement assez pour maintenir plusieurs centaines de mégabits.

Mais c’est moins que les 900 Mb/s annoncés pour le Flint 2.

Voilà le détail qui a définitivement cassé mon raccourci mental :

un routeur plus récent en Wi-Fi n’est pas nécessairement un routeur plus rapide pour WireGuard.

Les deux tâches se déroulent dans le même boîtier, mais elles ne sollicitent pas le matériel de la même manière.

La comparaison est devenue encore plus intéressante avec le Flint 4. Ce nouveau modèle est annoncé avec une connectique allant jusqu’à 10 GbE et un débit WireGuard maximal de 1,5 Gb/s en mode client.

Là, on entre dans une autre catégorie de marge.

Mais au moment où j’écris ces lignes, le modèle est encore proposé en précommande. Je préfère donc distinguer son potentiel annoncé du recul que l’on possède déjà sur un appareil commercialisé depuis plus longtemps.

Pour acheter maintenant avec un objectif de plusieurs centaines de Mb/s, le Flint 2 reste ainsi le choix qui me paraît le plus facile à défendre parmi ces modèles : son chiffre WireGuard publié laisse une marge confortable sans exiger de payer simplement pour une génération Wi-Fi plus récente.

J’aurais pu m’arrêter là.

J’avais enfin trouvé le type de routeur que je cherchais.

Puis une question beaucoup plus embarrassante m’est venue : pourquoi voulais-je mettre toute la maison derrière WireGuard ?


J’étais en train d’acheter un nouveau routeur pour deux appareils

J’ai regardé la liste.

Télévision.

Console.

Enceintes.

Imprimante.

Quelques objets connectés.

NAS.

Portable professionnel.

Téléphone.

En réalité, les appareils sur lesquels je voulais utiliser régulièrement le VPN étaient surtout les deux derniers.

J’étais donc sur le point de remplacer le cœur de mon réseau pour que le routeur chiffre le trafic de toute la maison, alors que mon problème principal tenait dans un ordinateur et un téléphone.

C’est là que j’ai fait le test inverse.

J’ai laissé le routeur faire ce qu’il faisait déjà correctement : acheminer ma connexion fibre.

Puis j’ai déplacé le VPN sur l’ordinateur.

D’un coup, le processeur du routeur n’avait plus à servir de poste de péage cryptographique pour chaque connexion de mon portable. Le tunnel était traité directement par une machine qui avait beaucoup plus de ressources disponibles.

J’ai alors ouvert la petite application utilisée dans les essais de cet article.

Un bouton.

Connexion.

Puis le même gros téléchargement qui m’avait poussé à comparer les performances WireGuard des routeurs.

Dans ces essais, le débit est revenu dans la zone des plusieurs centaines de mégabits.

Et surtout, je n’avais rien changé à la box, au Wi-Fi du téléviseur, au NAS ou à la console.

Le service n’avait pas rendu mon routeur plus puissant.

Il avait simplement retiré mon routeur du problème.

Cette différence m’a fait comprendre que j’avais mélangé deux questions depuis le début :

« Quel routeur peut maintenir plusieurs centaines de Mb/s avec WireGuard ? »

et

« Ai-je réellement besoin que mon routeur fasse tourner mon VPN ? »

Ce ne sont pas les mêmes problèmes.

Si tout le foyer doit passer dans WireGuard, je veux encore un vrai routeur VPN

Je ne remplacerais pas le routeur par une application dans tous les cas.

Si je veux qu’une Smart TV, une console, des appareils IoT ou des machines sur lesquelles je ne peux pas installer de client VPN empruntent tous le même tunnel, le VPN au niveau du routeur garde un avantage évident.

Dans ce scénario, je regarderais directement le débit WireGuard publié.

Pas « AX6000 ».

Pas « Wi-Fi 7 ».

Pas seulement « ports 2,5 GbE ».

Pour viser réellement plusieurs centaines de Mb/s, je veux un appareil dont le débit WireGuard mesuré possède une marge confortable au-dessus de mon objectif.

Autour de 300 Mb/s, un routeur de la classe de l’ER706W peut déjà convenir.

Pour viser 500 Mb/s avec davantage de marge, je regarderais plutôt la classe 700–900 Mb/s ou plus.

Et si mon objectif approche le gigabit sous VPN, les appareils annoncés autour de 1,5 Gb/s deviennent nettement plus intéressants.

Mais pour mon portable, la réponse était devenue différente.

La petite application est conçue autour d’une connexion directe sur l’appareil : je l’ouvre, je lance le tunnel et le routeur n’a pas besoin de devenir un projet réseau.

Elle a aussi une limite claire dans ce scénario : elle ne protège pas les appareils sur lesquels elle n’est pas utilisée. Si je veux faire passer toute la maison dans un seul tunnel, une solution au niveau du routeur reste plus logique.

Simplement, ce n’était pas mon besoin.

Je voulais conserver plusieurs centaines de mégabits sur les appareils où j’utilisais réellement le VPN.

Et dans ce cas précis, déplacer le tunnel sur ces appareils était beaucoup plus simple que remplacer un routeur parfaitement correct uniquement pour augmenter son débit WireGuard.

J’avais commencé ma recherche en comparant des générations de Wi-Fi.

Puis des processeurs.

Puis des chiffres WireGuard.

Le chiffre WireGuard était bien celui qu’il fallait regarder pour choisir un routeur.

Mais la dernière question était encore plus utile : est-ce vraiment ce routeur qui doit chiffrer mon trafic ?

Pour toute une maison, je choisirais un appareil avec une vraie marge WireGuard — aujourd’hui, quelque chose de la classe du Flint 2 plutôt qu’un routeur choisi simplement parce qu’il porte l’étiquette « Wi-Fi 7 ».

Pour mon portable, je n’ai finalement acheté aucun routeur.

J’avais passé une soirée à chercher la boîte capable de tenir 500 Mb/s avant de comprendre que, pour les deux appareils qui avaient réellement besoin du VPN, cette boîte était déjà sur mon bureau.

Questions fréquentes

Un routeur Wi-Fi 7 est-il forcément plus rapide avec WireGuard ?

Non. L’article compare des modèles où le routeur Wi-Fi 6 Flint 2 est annoncé plus haut en WireGuard que le Flint 3 Wi-Fi 7. Les performances radio et le traitement du tunnel sont deux charges différentes.

Quelle marge viser si je veux environ 500 Mb/s derrière WireGuard ?

L’article conseille de ne pas choisir un appareil dont le chiffre WireGuard de référence est déjà inférieur à la cible. Pour viser 500 Mb/s avec de la marge, il regarde plutôt la classe 700–900 Mb/s ou davantage.

Quand un VPN directement sur l’appareil est-il plus logique qu’un VPN sur le routeur ?

Quand seuls quelques appareils compatibles ont réellement besoin du tunnel. Le chiffrement est alors traité par leur propre matériel et le routeur peut continuer à faire son travail habituel.

Quand faut-il malgré tout garder le VPN au niveau du routeur ?

Quand des téléviseurs, consoles, objets connectés ou autres appareils sans client VPN doivent tous emprunter le même tunnel. Dans ce cas, la marge WireGuard du routeur redevient un critère central.