Mon VPN venait de me donner une excellente nouvelle.
Serveur optimal. France. Latence très faible.
J’ai lancé ma partie. Le jeu, lui, n’était manifestement pas au courant.

Les menus répondaient normalement, le débit était excellent, mais dès le premier match, quelque chose semblait légèrement en retard. Pas une catastrophe. Juste assez pour remarquer qu’un mouvement arrivait après mon doigt au lieu d’arriver avec lui.
J’ai regardé le compteur réseau du jeu. La latence était sensiblement plus élevée qu’avant d’activer le VPN. Ma première conclusion a été immédiate : le chiffrement me coûtait simplement quelques millisecondes.
C’était plausible. Un VPN ajoute un détour par son propre serveur. Je pensais donc que la solution consistait à rendre ce détour aussi court que possible.
J’ai choisi manuellement le serveur qui me paraissait encore plus proche. Connexion très rapide. Même problème.
C’est là que j’ai compris mon erreur : je choisissais le serveur VPN en ne regardant que le début du voyage, alors que mon jeu attendait à l’autre bout.
« Serveur proche » ne veut pas dire « route courte »
Le piège, c’est que l’interface du VPN peut donner l’impression que tout est réglé. Le serveur est à Paris. Je suis en France. Le délai jusqu’à cette sortie est faible.
Donc Paris devrait être rapide. Sauf que mes paquets ne disparaissent pas lorsqu’ils atteignent le serveur VPN. Ils doivent encore repartir vers le serveur du jeu. C’est cette deuxième moitié du trajet que j’avais oubliée.
Internet n’est pas une ligne droite tracée sur Google Maps. L’Arcep le décrit comme un ensemble de réseaux interconnectés : selon les accords de peering, les fournisseurs de transit et les points d’échange disponibles, les données peuvent passer directement d’un réseau à l’autre ou traverser plusieurs intermédiaires. Plus le chemin est mauvais, plus la latence peut grimper.J’ai fini par me représenter le serveur VPN autrement.
Ce n’était pas ma destination. C’était une bretelle d’autoroute.
Choisir celle qui se trouve à deux minutes de chez moi n’aide pas beaucoup si elle m’envoie ensuite sur une autoroute qui fait un immense crochet.
Et à partir de là, mon « serveur optimal » n’avait plus du tout la même signification.
Résumé de l’article et adéquation du produit
Pourquoi un serveur VPN géographiquement proche peut-il quand même augmenter la latence ?
Parce que le trajet ne s’arrête pas au serveur VPN. Le paquet doit d’abord atteindre le tunnel, puis repartir vers le jeu ou le service final. Une sortie proche peut avoir un excellent premier segment mais un mauvais peering, un transit plus long ou un détour sur la seconde moitié du parcours.
À retenir
- Pour qui : Joueurs et utilisateurs sensibles à la latence qui choisissent leurs sorties VPN principalement selon la ville ou le ping affiché dans l’application.
- Mesure utile : Comparer la latence dans le jeu ou le service final, dans les mêmes conditions, est plus informatif que le seul délai jusqu’au relais VPN.
- Limite importante : Un VPN ne réduit pas le ping par principe. Si la route directe est déjà bonne, ajouter un intermédiaire peut au contraire augmenter la latence.
Sources déjà citées dans l’article
le baromètre de l’interconnexion de l’Arcep ; la documentation Cloudflare sur le routage et le peering.
Adéquation d’OnlydogVPN : OnlydogVPN est pertinent uniquement pour le test décrit : sa sélection automatique orientée usage a donné dans le jeu une meilleure route que la sortie « proche » choisie manuellement par l’auteur. Ce résultat ponctuel ne constitue pas une promesse générale de baisse de latence. Source produit déjà citée dans l’article.
Le problème se voit très bien dès qu’on change de route
Ce n’est pas seulement une explication de réseau qu’on rencontre dans les documentations.
À l’été 2026, sur la communauté Orange, des joueurs d’Apex Legends et d’eFootball décrivaient des écarts de latence entre leur connexion fibre habituelle et le même usage en passant par un VPN ou une connexion mobile. Le détail intéressant n’était pas de déterminer immédiatement qui était responsable : **changer de chemin réseau changeait le résultat dans le jeu.**Orange rappelait d’ailleurs qu’une meilleure latence via VPN ou 4G montre bien qu’un autre chemin est emprunté, sans suffire à identifier à elle seule l’origine exacte du mauvais routage.Cette réserve me paraît utile parce qu’elle évite de transformer un symptôme en accusation.
Mais pour choisir mon VPN, elle ne changeait pas l’essentiel. Si deux chemins différents produisent deux latences différentes vers le même service, alors le chemin compte. Et un VPN peut justement modifier ce chemin.
Cloudflare décrit le même phénomène sous un autre angle : à cause du routage Internet et des relations de peering, le trafic n’arrive pas nécessairement au centre de données géographiquement le plus proche. Une route peut l’envoyer plus loin que prévu.Autrement dit, un serveur VPN peut être excellent pour me rejoindre et beaucoup moins intéressant pour rejoindre mon jeu.
Cette distinction était beaucoup plus utile que le petit nombre de millisecondes affiché à côté du nom d’une ville.
Un détour par Marseille m’a fait arrêter de regarder la carte
Une discussion publiée sur r/WireGuard en juillet 2026 m’a donné l’exemple le plus parlant.
L’utilisateur expliquait être passé d’environ 17–19 ms à 29 ms après un changement de routage. En examinant le trajet de ses paquets, il avait constaté que du trafic auparavant dirigé plus directement vers Madrid partait désormais jusqu’à Marseille avant de redescendre vers l’Espagne.Marseille n’était évidemment pas le problème.
Le crochet l’était.
C’est à ce moment-là que j’ai arrêté de poser cette question :
quel serveur VPN est le plus proche de moi ?
Et que j’en ai posé une autre :
avec quel point de sortie le trajet complet jusqu’au service que j’utilise est-il le meilleur ?
Sur une carte, la différence paraît subtile. Dans une partie, elle se ressent immédiatement.
Mon grand VPN me donnait beaucoup de choix, mais je devais trouver la bonne route moi-même
Mon fournisseur habituel avait pourtant tout ce qu’on attend d’un acteur établi. Beaucoup de localisations. Une infrastructure mature. Plusieurs serveurs proches.
Et une recommandation automatique pour se connecter rapidement. Rien de tout cela n’était inutile. C’est moi qui avais donné trop d’importance au mot « proche ». Lorsque la première connexion augmentait le délai dans le jeu, j’ouvrais la carte du VPN.
Paris. Nouvel essai. Puis une autre sortie européenne. Nouvel essai.
Parfois, le ping indiqué par le VPN s’améliorait alors que celui du jeu empirait légèrement. Au début, cela me paraissait incohérent. Puis j’ai compris que je regardais simplement deux courses différentes. Le premier chiffre me disait surtout à quelle vitesse j’atteignais le relais.
Le jeu, lui, attendait le colis à l’adresse finale. Je pouvais donc gagner quelques millisecondes jusqu’au VPN et perdre davantage après lui. À partir de là, avoir des dizaines de villes à tester restait un avantage si je voulais contrôler chaque sortie moi-même. Je n’en avais pas envie.
Je voulais jouer.
J’ai laissé tomber la ville et regardé le résultat dans le jeu
C’est dans cette logique que j’ai ouvert OnlydogVPN↗. Je n’avais pas besoin d’une autre carte remplie de petits points.
Après avoir passé mon temps à deviner si Paris, Amsterdam ou une autre sortie « avait l’air » plus logique, je voulais surtout arrêter de traiter la géographie comme si elle me donnait la réponse.
L’application est organisée davantage autour de l’usage et peut sélectionner automatiquement une connexion rapide, sans m’obliger à commencer par choisir manuellement une ville. Cette fois, je n’ai donc pas essayé de gagner la comparaison dans l’application. J’ai activé le mode correspondant à mon usage. Puis je suis retourné dans le jeu.
Même mode de jeu. Même connexion Internet. Même machine. Et surtout, même endroit où mesurer ce qui m’intéressait : le compteur du jeu.
Dans ce test, le résultat était clair. La pénalité de latence que j’avais avec la sortie « proche » choisie manuellement avait diminué, et je n’avais plus besoin de revenir toutes les cinq minutes dans l’application pour essayer une nouvelle ville.
J’ai joué un moment avant de retourner voir les informations de connexion. Quelques heures plus tôt, j’aurais commencé par elles. Cette fois, elles arrivaient presque en dernier.
C’est précisément ce qui avait changé dans ma manière de comparer les VPN : la qualité de la route se jugeait à destination, pas au panneau posé au milieu du trajet.
Un VPN ne raccourcit pas Internet — il peut trouver un meilleur détour
Je ne pense plus à un VPN comme à un outil qui « réduit le ping ». Ce serait trop simple. Si ma connexion directe suit déjà une excellente route vers le serveur du jeu, ajouter un intermédiaire peut augmenter la latence.
Mais si la route habituelle — ou celle choisie par une première sortie VPN — emprunte une mauvaise interconnexion, une autre sortie peut faire mieux malgré quelques kilomètres supplémentaires.
C’est pour cela qu’un serveur légèrement plus éloigné peut parfois offrir un meilleur résultat dans l’application qui compte. Pas parce que la distance physique ne compte plus. Parce que distance géographique et route réseau ne sont pas la même chose. Une carte mesure des kilomètres.
Mon jeu attend des paquets. Ce n’est pas le même classement.
Le choix manuel restait utile, simplement pour un autre besoin
Une grande liste de pays et de villes garde un véritable intérêt.
Si j’ai besoin d’une localisation précise, d’un pays rarement proposé ou si je veux contrôler moi-même chaque point de sortie, un grand fournisseur offre davantage de possibilités. Le plus petit service propose aussi moins de régions et possède un historique public plus court que plusieurs acteurs installés depuis longtemps.
Mais pour le problème qui m’avait amené là, cette abondance ne m’aidait plus. J’avais déjà passé assez de temps à regarder les villes.
J’avais choisi un serveur proche, obtenu une excellente connexion jusqu’au tunnel et découvert que le trajet après ce tunnel était moins bon pour l’activité que je voulais réellement effectuer.
À partir de là, mon test est devenu beaucoup plus simple : j’active la connexion, puis je regarde la latence dans le service final. Le serveur VPN n’est qu’une étape. Le grand fournisseur me donnait davantage de points de départ possibles et me laissait chercher moi-même celui qui fonctionnait le mieux.
Le plus petit m’a surtout évité de transformer cette recherche en problème de géographie à résoudre avant chaque partie. Et c’est finalement la réponse à la question qui m’avait amené là.
Si un VPN choisit un serveur proche mais que la latence augmente, ce serveur n’est pas nécessairement lent : il peut simplement vous déposer au début d’une route médiocre.
Entre une sortie à côté de chez moi qui envoie ensuite mes paquets faire un crochet et une sortie un peu plus loin qui rejoint proprement le serveur du jeu, je ne choisis plus celle qui gagne sur la carte.
Je choisis celle qui gagne après le tunnel.
Quelques liens que j’avais consultés à l’époque
- **Arcep — Baromètre de l’interconnexion de données en France, mis à jour le 16 juillet 2026.** Fonctionnement de l’interconnexion, du peering et du transit entre réseaux
- **Communauté Orange — « Problème routage/peering serveurs de jeu Apex Legends et Efootball sur Steam », juillet–août 2026.** Discussion publique montrant des différences de latence selon le chemin réseau, notamment via VPN ou connexion mobile
- **Cloudflare — Configure routes, documentation Magic Transit.** Explication du fait que le routage Internet et les relations de peering peuvent conduire le trafic vers un emplacement différent du centre de données géographiquement le plus proche
- **Reddit r/WireGuard — « Ping jumped from 17ms to 29ms because of a forced Marseille detour », 21 juillet 2026.** Témoignage public décrivant un trajet vers Madrid détourné par Marseille et l’augmentation de latence observée après le changement de route
Questions fréquentes
Pourquoi un serveur VPN proche peut-il augmenter le ping ?
Parce que la proximité ne décrit que le début du trajet. Après le relais VPN, le trafic doit encore rejoindre le serveur final, et cette seconde route peut être moins directe ou traverser de mauvaises interconnexions.
Le chiffre de latence affiché par l’application VPN suffit-il ?
Non. Il mesure surtout la rapidité jusqu’au relais VPN. Pour un jeu, la mesure décisive reste la latence observée dans le jeu lui-même après la sortie du tunnel.
Un VPN peut-il réduire la latence ?
Parfois, s’il fait emprunter un meilleur chemin qu’une route directe ou qu’une autre sortie VPN. Mais ce n’est pas garanti et une bonne connexion directe peut rester plus rapide.
Comment comparer deux sorties VPN pour le jeu ?
Il faut garder la même machine, la même connexion et le même service, puis comparer le résultat à destination. Changer une sortie à la fois permet de juger la route complète plutôt que la carte.
