Carnet de route
voyages, réseaux et petits ratés

Quel VPN choisir lorsque certains sites ne s’ouvrent plus ? Celui qui change vraiment le chemin du trafic

Messenger reste bloqué dans une boutique de Conakry alors que la messagerie et les commandes fonctionnent

Facebook refusait de charger, mais tout le reste avait l’air normal. Ma messagerie professionnelle fonctionnait. Le site de ma banque s’ouvrait. Google répondait. Même le tableau de bord de la petite boutique que je gérais depuis Conakry était accessible — sauf que plusieurs clients m’avaient écrit sur Facebook et que je ne pouvais plus ouvrir leurs messages ni les photos des commandes.

J’ai d’abord pensé à une panne de Meta.
Puis à mon navigateur.
Puis à mon routeur.

Une demi-heure plus tard, j’avais redémarré beaucoup de choses sans avoir répondu à un seul client.

Le détail qui aurait dû m’alerter était pourtant juste devant moi.
Internet n’était pas coupé.
Certains sites seulement avaient disparu.
C’est une panne très différente.
Et elle demande de regarder autre chose que la simple quantité de serveurs disponibles.

Résumé de l’article et contexte d’usage

Que faut-il tester quand certains sites cessent de s’ouvrir alors que le reste d’Internet fonctionne ?

D’abord si le problème est réellement sélectif, puis si la même destination fonctionne par un autre chemin réseau. Dans le récit à Conakry, Google, la banque et le courrier fonctionnaient; Facebook, certaines images et Messenger non. Un changement de DNS n’a pas suffi, ce qui orientait le diagnostic au-delà de la simple résolution de noms.

Pourquoi cela correspond à ce récit

  • Idéal pour: quelqu’un qui voit seulement quelques plateformes disparaître sur un réseau alors que la connexion générale reste active.
  • Le diagnostic utile: éviter de redémarrer indéfiniment le navigateur et distinguer DNS, blocage d’adresse, interruption TCP et interférence HTTP/TLS.
  • Pourquoi OnlydogVPN a eu du sens ici: le mode automatique a fait passer Facebook et Messenger par un autre chemin dans le test, au moment où le besoin était de répondre aux clients plutôt que d’identifier précisément la règle réseau.
  • Limite importante: une VPN ne peut rien faire si toute la connexion Internet est coupée et un succès ponctuel ne prouve pas quel mécanisme de filtrage est actif sur tous les réseaux.

Sources déjà citées dans le texte: les mesures OONI sur les restrictions de Facebook, TikTok et YouTube en Guinée; les ressources OONI sur l’interprétation des différents mécanismes de blocage; le communiqué de l’Association des blogueurs de Guinée.

Source produit: OnlydogVPN.

Le test le plus utile n’était pas de redémarrer encore une fois

J’ai commencé comme tout le monde.
Actualiser.
Fermer Facebook.
Essayer dans Chrome.
Essayer dans Safari.
Vider le cache.

Redémarrer le routeur.
Rien.
J’ai ensuite ouvert une dizaine de sites au hasard.
Ils fonctionnaient.
C’est là que l’hypothèse « Internet est en panne » a commencé à s’effondrer.

Fin juillet 2026, des utilisateurs guinéens avaient déjà rencontré exactement ce type de situation. OONI a mesuré des restrictions visant Facebook, TikTok et YouTube à partir du 27 juillet, tandis que de nombreux autres services restaient accessibles. Les restrictions observées se sont prolongées jusqu’au 15 août.

Puis, le 25 août, l’Association des blogueurs de Guinée a de nouveau signalé une interruption ciblée de Facebook, avec notamment des difficultés à afficher les images et lire certaines vidéos.

J’étais donc en train de traiter comme une panne locale quelque chose qui ressemblait beaucoup plus à une restriction sélective du réseau.

La différence compte.

Si toute la connexion Internet disparaît, une VPN ne peut rien inventer.

Mais quand Google fonctionne, que les e-mails arrivent et qu’un petit groupe de plateformes refuse soudainement de s’ouvrir, il reste un réseau à travers lequel travailler.

La vraie question devient alors :

par quel chemin mes requêtes sont-elles en train de passer ?

J’ai cru qu’il suffisait de changer le DNS

C’était la solution la plus séduisante.
Rapide.
Gratuite.
Et suffisamment technique pour me donner l’impression que j’avais trouvé la cause.
J’ai changé de résolveur DNS.
Puis j’ai réessayé.

Facebook tournait toujours dans le vide.

Les mesures publiées par OONI pendant les restrictions de juillet expliquaient pourquoi cette piste pouvait échouer.

Sur Orange Guinée, les noms de domaine étaient correctement résolus et la connexion vers les serveurs pouvait démarrer. Le problème apparaissait ensuite, pendant l’établissement de la session TLS : la connexion finissait par expirer.

Dit autrement :
j’avais bien trouvé l’adresse du bâtiment.
J’étais même arrivé devant la porte.
C’était au moment d’entrer que la conversation s’arrêtait.
Changer l’annuaire — le DNS — ne changeait donc pas la porte.
Cette découverte m’a évité de continuer à régler le mauvais problème.

« Certains sites » est déjà un indice

OONI distingue plusieurs manières de rendre un site inaccessible : manipulation DNS, blocage d’adresse IP, interruption TCP ou interférence pendant HTTP/TLS.

Pour l’utilisateur, pourtant, tous ces mécanismes peuvent se résumer au même écran :
Ce site est inaccessible.
C’est ce qui rend la situation si trompeuse.
Le navigateur ne dit pas :

« Votre connexion fonctionne, mais ce domaine précis est traité différemment quelque part sur le trajet. »

Il donne simplement l’impression que le site est cassé.

La Guinée avait déjà montré à quel point ce genre de changement pouvait pousser les utilisateurs vers les VPN. En décembre 2025, Proton a enregistré une hausse d’environ 11 000 % au-dessus de son niveau de référence dans les inscriptions VPN à l’approche de l’élection présidentielle. Quelques mois auparavant, une autre forte hausse avait accompagné des signalements de restrictions visant TikTok, YouTube et Facebook.

La plupart de ces personnes n’avaient probablement aucune envie de devenir spécialistes du TLS.

Elles voulaient simplement retrouver une page qui fonctionnait la veille.
Moi aussi.
Et à ce stade, je n’avais plus besoin d’un meilleur diagnostic.
J’avais besoin de répondre à mes clients.

Six commandes attendent pendant que les conversations Messenger restent en chargement
Quand seuls certains services disparaissent, le problème devient vite concret : les commandes restent là, mais leur conversation n’arrive plus.

Je ne voulais plus comprendre la panne. Je voulais ouvrir Messenger

J’avais six conversations qui attendaient.
J’ai donc installé OnlydogVPN.
Ce qui m’a intéressé dans cette situation n’était pas une carte remplie de dizaines de pays.
J’avais déjà compris que la géographie n’était pas le premier problème.
Je devais surtout faire sortir mon trafic du chemin qui produisait l’échec.
J’ai lancé le mode automatique.

Connexion.
Puis j’ai rouvert Facebook.
La page d’accueil est apparue.
J’ai attendu.
Les images ont chargé.
Messenger s’est ouvert.

Les nouveaux messages sont apparus.
J’ai répondu au premier client.
Puis au deuxième.
L’un d’eux m’avait envoyé une photo d’un produit qu’il voulait réserver.
La photo s’est affichée.
C’était le résultat que je cherchais depuis le début.

Pas « VPN connecté ».
Pas « nouvelle IP détectée ».
La conversation que je devais ouvrir était ouverte.

À partir de là, le fonctionnement du tunnel m’intéressait seulement parce qu’il expliquait pourquoi j’avais enfin cessé de tourner en rond.

Le tunnel comptait plus que le nombre de destinations

Le service utilise un transport basé sur HTTP/3 avec une couche supplémentaire d’obfuscation.

Pour ce problème, je n’avais pas besoin d’aller beaucoup plus loin.

Un tunnel VPN protège ce qu’il transporte. Mais selon la façon dont il est construit, le réseau peut encore reconnaître certains traits familiers de la connexion elle-même.

L’obfuscation cherche justement à rendre ce trafic VPN moins évident à identifier.
Je le visualise comme une enveloppe opaque transportée dans une camionnette.
Chiffrer le contenu protège la lettre.

L’obfuscation évite en plus d’arriver avec VPN écrit en lettres énormes sur le côté du véhicule.

Dans un réseau où le problème se limite au DNS, plusieurs solutions plus simples peuvent suffire.

Mais lorsque l’interférence intervient plus loin dans la connexion, réussir à faire passer le tunnel lui-même devient beaucoup plus important.

Je n’avais évidemment pas accès aux équipements du réseau pour voir la règle exacte appliquée à ma connexion.

Je pouvais en revanche voir le résultat qui comptait :

sans tunnel, Facebook restait inutilisable ;

avec cette connexion active, les pages, les images et les messages dont j’avais besoin chargeaient.

Je n’ai plus touché au DNS.

Le piège aurait été de choisir le VPN avec le plus de serveurs

Avant cette expérience, c’est probablement ce que j’aurais fait.
Un service possède 8 000 serveurs.
Un autre 3 000.
Le premier doit forcément être meilleur lorsqu’un site ne s’ouvre plus.
Sauf que le nombre de serveurs répond surtout à une autre question :
combien de sorties puis-je essayer ?

Si un site refuse une adresse IP VPN précise, c’est très utile.
Je peux changer d’adresse et retenter.
Mais ce n’était pas ce que j’avais devant moi.
Plusieurs utilisateurs rencontraient le même problème.

Les mesures techniques montraient une interférence pendant l’établissement de certaines connexions TLS.

Le problème apparaissait donc avant que le simple choix d’une nouvelle sortie devienne vraiment intéressant.

Dans cette situation, je voulais d’abord qu’un tunnel réussisse à traverser le réseau.
C’est une nuance que je n’avais jamais prise au sérieux auparavant.
Une grande flotte est utile quand il faut changer de destination.

Une connexion moins facile à classifier devient beaucoup plus intéressante quand c’est le trajet lui-même qui pose problème.

Les utilisateurs découvrent souvent le problème de la même manière

Ce type de panne produit presque toujours les mêmes questions :
« C’est mon téléphone ? »
« C’est le site ? »
« Mon compte a été bloqué ? »
« Pourquoi certains services fonctionnent-ils encore ? »

Dans un autre épisode de restrictions en Afrique francophone, un utilisateur gabonais racontait publiquement en février 2026 que certains services continuaient de fonctionner tandis que YouTube, TikTok, Instagram, Snapchat et d’autres devenaient inaccessibles ou perdaient certaines fonctions.

Ce témoignage ne permet pas d’établir à lui seul le mécanisme technique d’un blocage.
Mais il décrit parfaitement l’expérience.
On ne reçoit pas une notification intitulée :
Filtrage réseau en cours.
On reçoit un Internet bizarre.
Des morceaux fonctionnent.

D’autres non.
Et on passe vingt minutes à réparer le mauvais appareil.
C’est précisément ce temps que je venais enfin de récupérer.

La petite application a aussi une petite histoire

Il y a une limite que je garderais en tête.

Le service a beaucoup moins de recul public que les grands acteurs du VPN. Son historique visible sur l’App Store commence fin novembre 2025 et il dispose encore de peu d’évaluations publiques. Sa couverture géographique est également plus réduite que celle des plus grands fournisseurs.

Si mon objectif principal était de disposer d’une immense sélection de pays ou de plusieurs années d’audits et de retours indépendants, cette différence pèserait davantage.

Mais ce matin-là, je n’essayais pas d’être présent dans cinquante pays.
J’essayais d’ouvrir trois services depuis un seul.
Et c’est une comparaison très différente.

Alors, quel VPN choisir lorsque certains sites ne s’ouvrent plus ?

Je commencerais par un test très simple avant même de comparer les abonnements.
Est-ce que tout Internet est en panne ?
Dans ce cas, une VPN ne pourra pas créer une connexion qui n’existe plus.
Le site devient-il inaccessible uniquement lorsque la VPN est active ?
Alors l’adresse de sortie ou le serveur choisi peuvent être le problème.

Mais si Internet fonctionne, que certains sites seulement disparaissent et que le phénomène touche un réseau ou une période de restriction précise, je regarderais autre chose en premier :

est-ce que le tunnel réussit réellement à faire passer cette connexion par un autre chemin ?

C’est là que ma façon de choisir a changé.

Je pensais chercher une VPN avec suffisamment de serveurs pour trouver une porte encore ouverte.

J’avais plutôt besoin d’une connexion capable de ne pas se présenter toujours de la même manière devant la porte.

À Conakry, le résultat n’a pas été une meilleure statistique dans l’application.
C’était beaucoup plus concret.
Six messages clients attendaient.
Quelques minutes plus tard, plus aucun.

Questions fréquentes

Si certains sites seulement sont inaccessibles, cela veut-il dire que mon Internet est en panne ?

Pas forcément. Dans l’article, plusieurs services continuaient de fonctionner normalement alors qu’un groupe précis de plateformes était affecté. Cette différence est déjà un indice qu’il faut tester le chemin vers ces destinations.

Pourquoi changer de DNS ne suffit-il pas toujours ?

Parce qu’un nom peut être correctement résolu puis la connexion être interrompue plus tard. Les mesures OONI citées dans le récit montraient justement des échecs pendant l’établissement de certaines sessions TLS.

Quand une VPN peut-elle aider dans ce type de panne sélective ?

Lorsqu’il reste un accès Internet fonctionnel et que le problème concerne le chemin direct vers certaines destinations. Le test doit être le service réel — page, images ou messagerie — et non le simple statut « connecté » de la VPN.