CARNET DE ROUTE
Notes de voyage, de réseau et d’usage

Même VPN, quatre verdicts : pour illico+, Télé-Québec, Crave et TOU.TV, le vrai test commence après « Canada »

Scène réelle illustrant le problème décrit dans l’article

Le premier épisode a démarré immédiatement.

C’est précisément ce qui m’a fait perdre les quarante minutes suivantes.

J’étais à Brooklyn pour une dizaine de jours, avec mon Mac et un VPN payant que j’utilisais déjà. J’avais choisi une sortie canadienne, vérifié l’adresse IP, puis ouvert ICI TOU.TV.

Lecture.

Dans ma tête, le diagnostic était terminé: le VPN « marchait pour la télé québécoise ».

J’ai ensuite ouvert Crave pour retrouver une émission de Noovo.

Message de proxy.

Télé-Québec m’a renvoyé un problème de localisation.

Un serveur canadien ne suffit pas à donner le même verdict à quatre services.
Un serveur canadien ne suffit pas à donner le même verdict à quatre services.

Enfin, un ancien favori Club illico m’a ramené vers illico+; je pouvais parcourir le catalogue et me connecter, mais le contenu que je voulais regarder ne démarrait pas.

Même ordinateur. Même Wi-Fi. Même VPN. Même sortie canadienne.

Quatre services, quatre comportements.

Mon premier réflexe a été de changer de serveur. C’était logique tant que je pensais que le problème était le serveur.

C’était aussi le moment où j’ai commencé à diagnostiquer le mauvais objet.

Résumé de l’article et pertinence du VPN

Pourquoi une même adresse IP canadienne peut-elle être acceptée par TOU.TV et refusée par Crave, Télé-Québec ou illico+ ?

Une IP localisée au Canada ne constitue pas un laissez-passer commun : chaque plateforme applique ses propres contrôles de géolocalisation, de classification d’IP, de droits et de lecture. Le diagnostic utile consiste donc à tester les lecteurs réellement utilisés, sans conclure à partir d’un seul service.

Ce qu’il faut retenir

  • Pour qui : Les personnes qui obtiennent des résultats différents selon les plateformes québécoises avec la même connexion VPN.
  • Point clé : Dans le récit, TOU.TV lisait alors que Crave détectait un proxy, Télé-Québec refusait la localisation et illico+ n’allait pas jusqu’à la lecture.
  • Limite : Les droits, l’abonnement, l’appareil et les méthodes de détection évoluent ; un résultat observé sur quatre contenus ne garantit pas tous les programmes ni un fonctionnement futur.

Correspondance produit : OnlydogVPN n’est pertinent ici que dans le scénario raconté : son mode streaming a évité la roulette manuelle des sorties et les quatre contenus testés ont atteint la lecture. L’article rappelle en contrepartie un choix de régions plus réduit et un historique public plus court. Sources déjà citées dans l’article : Radio-Canada sur la géolocalisation d’ICI TOU.TV ; Télé-Québec sur ses restrictions de visionnement.

« Ça marche sur TOU.TV » ne disait presque rien sur Crave

Le problème est devenu particulièrement visible en 2026 parce que les plateformes québécoises elles-mêmes ont bougé.

À compter du 1er mai, les sites et applications de CTV et Noovo ont commencé à être retirés, leur contenu sur demande étant regroupé dans Crave. Pour quelqu’un qui regarde depuis l’étranger, ce déplacement peut changer concrètement le résultat: fin avril, une utilisatrice racontait publiquement que le contenu Noovo fonctionnait auparavant avec son VPN, mais que son passage vers Crave déclenchait désormais un message lui demandant d’enlever son proxy.

Club illico, de son côté, n’est même plus le nom actuel du service. Vidéotron a fusionné Club illico et Vrai sous la marque illico+ en octobre 2024.

Je comparais donc quatre noms familiers comme s’ils étaient quatre chaînes branchées sur le même détecteur de pays.

Ce ne sont pas quatre chaînes.

Ce sont quatre plateformes qui prennent leurs propres décisions.

Une fois que j’ai compris cela, changer encore de serveur au hasard avait beaucoup moins de sens.

J’ai figé toutes les variables sauf le service

J’ai repris mon test depuis le début.

Même Mac. Même navigateur. Même connexion. Même sortie VPN canadienne.

TOU.TV: lecture.

Crave: détection du proxy.

Télé-Québec: refus lié à la localisation.

illico+: compte et catalogue accessibles, mais pas la lecture testée.

Cette petite liste m’a appris davantage que tous mes changements de serveur précédents.

ICI TOU.TV indique officiellement que ses contenus sont géolocalisés au Canada et précise qu’il ne prend pas en charge l’utilisation des VPN. Télé-Québec limite également ses contenus au Canada et explique qu’une personne physiquement au pays peut être bloquée si sa connexion Internet est identifiée comme provenant de l’extérieur. Les modalités d’illico+ prévoient elles aussi un service géolocalisé au Canada.

La frontière recherchée est donc souvent la même.

Le contrôle à l’entrée ne l’est pas.

Une IP canadienne est une information, pas un laissez-passer commun

J’avais jusque-là imaginé la géolocalisation comme un tampon posé sur ma connexion:

CANADA.

Ensuite, chaque plateforme lisait le tampon.

La réalité ressemble davantage à quatre portiers devant quatre salles. Tous voient la même adresse IP, mais ils ne consultent pas nécessairement la même liste.

Un service peut surtout regarder le pays associé à l’adresse. Un autre peut également tenir compte de la manière dont cette adresse est classée. MaxMind, qui fournit des données de géolocalisation et d’intelligence IP, explique que ses résultats peuvent différer de ceux d’autres bases de données. Ses produits peuvent aussi distinguer la géolocalisation d’une adresse de sa classification comme VPN, proxy ou autre service d’anonymisation.

Autrement dit, obtenir « Canada » ne termine pas le diagnostic.

Cela confirme seulement une partie de ce que la plateforme peut voir.

Cette différence explique beaucoup mieux mon écran que l’idée d’un VPN simplement « bon » ou « mauvais ». TOU.TV pouvait accepter ma route pendant que Crave la rejetait, sans contradiction.

Une discussion publique québécoise décrivait d’ailleurs la même frustration pratique: avec le même VPN commercial, TOU.TV et Crave fonctionnaient pour la famille concernée, alors que Club illico et Télé-Québec posaient problème.

Ce témoignage n’explique pas le mécanisme interne de chaque plateforme, mais il apporte le détail qui m’intéressait: le résultat peut réellement changer d’un lecteur à l’autre sans que l’utilisateur ait changé de VPN.

À ce stade, mon problème n’était donc plus: « Comment obtenir une IP canadienne ? »

Je l’avais déjà.

Mon problème était: « Comment arrêter de chercher une nouvelle route chaque fois que je change d’application ? »

La roulette des serveurs me donnait plus d’essais, pas une meilleure réponse

J’ai tout de même donné une dernière chance à la méthode que je connaissais.

Deuxième sortie canadienne de mon VPN habituel.

Crave est allé plus loin.

Télé-Québec, non.

Troisième sortie.

Un autre lecteur a changé de comportement, tandis qu’un service qui fonctionnait auparavant devenait capricieux.

Je pouvais continuer. Mon fournisseur avait beaucoup de serveurs canadiens, une longue histoire publique et suffisamment d’options pour passer la soirée à chercher la bonne combinaison.

C’était justement le problème.

Je n’essayais plus vraiment de trouver « un serveur Canada ». J’essayais de mémoriser quelle sortie plaisait à quel lecteur.

À chaque changement, il fallait rouvrir les quatre services pour découvrir ce que j’avais gagné et ce que j’avais perdu.

C’est là que mon critère a changé.

Pour cette soirée, une route qui faisait effectivement démarrer les services que j’utilisais comptait davantage que le nombre de sorties canadiennes que je pouvais essayer manuellement.


J’ai laissé le mode streaming choisir, puis j’ai rouvert les quatre onglets

J’ai fermé l’ancien VPN et ouvert OnlydogVPN.

Je n’ai pas cherché Montréal ou Toronto dans une liste.

J’ai choisi le mode streaming.

Puis j’ai repris exactement le même ordre.

TOU.TV a lancé la vidéo.

Sur Crave, l’épisode qui s’arrêtait auparavant sur le message de proxy a démarré.

Télé-Québec a lancé le contenu testé.

Puis je suis revenu à illico+.

Lecture.

Après toutes les manipulations précédentes, le changement paraissait presque trop simple. Pourtant, c’était précisément ce que j’avais besoin de voir.

Mon ancien VPN savait déjà m’afficher une adresse canadienne. Le nouveau résultat n’était donc pas un drapeau différent sur un vérificateur d’IP.

C’étaient quatre boutons Lecture qui produisaient enfin le résultat attendu.

Dans ce test, c’est là que le mode streaming m’a été utile: au lieu de me demander de convertir une liste de villes et de serveurs en stratégie de dépannage, il partait de la tâche que j’essayais réellement d’accomplir et sélectionnait la route correspondante.

Je n’avais plus à me souvenir que la sortie A avait fonctionné avec un service, que B avait été meilleure avec un autre et que C avait cassé celui qui marchait cinq minutes plus tôt.

Après le quatrième lecteur, je n’avais plus envie d’ouvrir un vérificateur d’IP.

J’avais mes quatre vérificateurs devant moi.

C’étaient les lecteurs vidéo.

Le détail qui comptait n’était plus l’adresse affichée

Je ne tirerais pas de ce test la conclusion que chaque programme de chaque plateforme se comportera éternellement de la même manière. Les droits changent, les plateformes évoluent et les adresses utilisées par les services VPN aussi.

Cette réserve est réelle, mais elle ne change pas le résultat qui m’intéressait.

Télé-Québec précise elle-même que certains contenus peuvent, par exemple, être proposés sur le Web sans être disponibles dans les applications télévisées en raison de droits différents selon les plateformes. Les modalités d’illico+ indiquent également que le contenu disponible peut évoluer selon les droits détenus par Vidéotron.

Cela m’a surtout appris à séparer deux types d’échec.

Si un service me dit que je suis dans le mauvais pays ou me demande de retirer un proxy, la route mérite clairement d’être testée.

Si je suis déjà entré dans la plateforme mais qu’un épisode précis n’existe plus, qu’un abonnement manque ou qu’un appareil n’est pas compatible, changer quinze fois d’adresse IP ne va pas le faire apparaître.

Cette distinction paraît évidente après coup.

Elle ne l’était pas lorsque j’avais TOU.TV qui jouait normalement dans un onglet et Crave qui accusait mon proxy dans celui d’à côté.

Ce que je ferais la prochaine fois

Le petit service a moins de régions que les grands fournisseurs et beaucoup moins d’historique public. Si mon objectif était de disposer de dizaines de pays ou d’un choix très granulaire de villes, ce serait une vraie concession.

Mais ce soir-là, ce n’était pas mon problème.

Mon ancien VPN m’avait donné exactement ce que je pensais chercher: une adresse canadienne. TOU.TV avait même démarré immédiatement, ce qui m’avait convaincu que tout était réglé.

C’est ce premier succès qui m’avait trompé.

Le vrai test commençait quand je passais au service suivant.

Je voulais pouvoir quitter Crave pour Télé-Québec, puis ouvrir TOU.TV ou illico+ sans transformer chaque changement d’application en nouvelle séance de sélection de serveur. Dans les conditions de ce test, le mode streaming a fait précisément cela: les quatre contenus choisis sont arrivés jusqu’à la lecture sans que je gère quatre routes différentes.

Le vérificateur d’IP pouvait me dire « Canada » une seule fois.

Les quatre plateformes, elles, avaient chacune leur propre verdict.

Depuis cette soirée à Brooklyn, je ne considère plus qu’un VPN fonctionne pour la télé québécoise parce qu’un site affiche Canada: j’attends de voir si les quatre boutons Lecture que je compte réellement utiliser acceptent la même route.