Carnet de voyage
Notes personnelles

Quel VPN choisir si je veux surtout protéger ma vie privée ? Celui qui m’a demandé le moins d’informations avant de me protéger

Dans un café, un formulaire VPN attend une adresse e-mail avant la première connexion.

Je venais de lire qu’une fuite de données avait touché 24 millions de contrats Free et Free Mobile.

Puis l’application VPN que j’étais en train d’installer m’a demandé mon adresse e-mail.

J’ai arrêté de taper.

J’étais dans un café, avec mon ordinateur connecté au Wi-Fi du lieu, et je voulais consulter quelques documents personnels stockés dans le cloud. Quelques minutes plus tôt, j’avais lu la décision publiée par la CNIL en janvier 2026 : après la violation de données de Free, des informations liées à des millions de contrats avaient été compromises, avec des IBAN pour certains abonnés. La CNIL avait finalement prononcé 42 millions d’euros d’amendes contre Free Mobile et Free. (CNIL)

Ce n’était évidemment pas la même situation.

Mais l’enchaînement m’a fait poser une question que je ne m’étais jamais vraiment posée.

J’étais précisément en train d’installer un outil pour réduire ce que les autres pouvaient apprendre sur moi.

Pourquoi mon premier geste devait-il être de lui donner une nouvelle information permettant de m’identifier ?

Résumé de l’article

Réponse courte

J’avais choisi un grand fournisseur connu. Des fonctions de sécurité faciles à trouver. J’avais presque terminé l’inscription quand je suis arrivé à la création du compte.

Mon premier VPN avait tout ce que j’étais censé rechercher

J’avais choisi un grand fournisseur connu.

C’était rassurant.

Beaucoup de serveurs.

Des années de présence publique.

Une documentation abondante.

Des fonctions de sécurité faciles à trouver.

J’avais presque terminé l’inscription quand je suis arrivé à la création du compte.

Adresse e-mail.

Mot de passe.

Compte utilisateur.

Ce fonctionnement est parfaitement courant. Chez NordVPN, par exemple, l’adresse e-mail et les identifiants servent à gérer le compte, l’abonnement et les services associés. (NordVPN Support)

Pour beaucoup d’utilisateurs, c’est même pratique.

Une adresse pour récupérer son mot de passe.

Un tableau de bord.

Un abonnement facile à retrouver.

Un support qui sait à quel compte il répond.

D’habitude, j’aurais rempli les champs sans réfléchir.

Cette fois, je venais justement de commencer à réfléchir aux champs.

J’avais confondu « politique de confidentialité » et « quantité de données à protéger »

Jusque-là, ma comparaison des VPN tournait surtout autour de deux mots :

no logs.

Si un fournisseur disait ne pas conserver mon historique de navigation, je passais ensuite à la vitesse, aux serveurs et au prix.

Le guide 2026 de l’Electronic Frontier Foundation m’a poussé à regarder un peu plus tôt dans la chaîne : avant de demander comment une entreprise protège mes données, il est utile de regarder quelles données elle collecte réellement. (Electronic Frontier Foundation)

La logique est presque trop simple.

Une information qui n’est jamais demandée n’a pas ensuite besoin d’être stockée, protégée, récupérée ou associée à mon compte.

C’était exactement ce qui me gênait dans le formulaire devant moi.

Je ne pensais pas que le grand fournisseur faisait quelque chose de suspect.

Je me demandais simplement pourquoi, alors que ma priorité numéro un était la vie privée, je ne comparais pas aussi les VPN sur ce qu’ils me demandaient avant même la première connexion.

La question venait de changer.

Je ne cherchais plus seulement le service qui promettait de bien protéger mon compte.

Je commençais à préférer celui qui avait besoin de moins d’informations pour me laisser commencer.

Le Wi-Fi du café a ramené la réflexion au problème réel

Pendant ce temps, mon document attendait toujours.

Je n’avais pas ouvert une comparaison de VPN pour passer l’après-midi à construire un modèle théorique de confidentialité.

Je voulais consulter un espace personnel depuis une connexion que je ne contrôlais pas.

J’ai donc terminé l’inscription auprès du premier fournisseur.

Connexion.

Le document s’est ouvert.

La VPN faisait son travail.

Et c’est précisément parce qu’elle fonctionnait que le contraste m’a paru plus clair.

Pour protéger une session qui allait durer une vingtaine de minutes, j’avais créé quelque chose de beaucoup plus durable :

une adresse e-mail reliée à un compte VPN,

un mot de passe,

un abonnement,

un mécanisme de récupération.

Rien de tout cela n’était dramatique.

Mais tout cela existait désormais.

Et si mon objectif était de réduire mes traces, leur absence avait elle aussi de la valeur.

Un nouveau compte apparaît dans la longue liste d’un gestionnaire de mots de passe sur un téléphone.
Une session de vingt minutes peut laisser derrière elle un compte, un mot de passe et un mécanisme de récupération durables.

Créer une adresse e-mail « spéciale VPN » ne m’a pas paru être un progrès

Je ne suis visiblement pas le seul à avoir cette hésitation. Dans les discussions d’utilisateurs, la question revient simplement : faut-il donner son adresse habituelle à son VPN, utiliser une adresse secondaire ou choisir un service qui n’en demande pas ? (Reddit / r/VPN)

J’ai envisagé la deuxième solution.

Créer une adresse réservée aux services de confidentialité.

Puis je me suis entendu raisonner.

Créer un compte e-mail supplémentaire pour créer un compte VPN supplémentaire afin de réduire ma quantité de données personnelles en ligne.

Cela pouvait fonctionner.

Mais je n’étais plus vraiment en train de minimiser mes traces.

J’étais en train de mieux organiser leur multiplication.

Je voulais essayer l’approche inverse.

La deuxième VPN ne m’a pas demandé de commencer par mon identité

J’ai ouvert OnlydogVPN.

Je m’attendais à retrouver le même parcours.

Créer un compte.

E-mail.

Mot de passe.

Confirmer l’adresse.

Retourner dans l’application.

À la place, j’ai pu commencer l’utilisation de base sans créer ce compte conventionnel. Le service est conçu pour ne pas exiger le couple e-mail/mot de passe traditionnel avant la première connexion. (OnlydogVPN)

J’ai choisi le mode correspondant à mon utilisation.

Connexion.

Puis je suis retourné au document.

Il s’est ouvert.

J’ai téléchargé le PDF.

J’ai répondu au message associé.

J’ai fermé l’espace personnel.

C’était tout ce que j’étais venu faire.

Et cette fois, je n’avais pas ajouté une nouvelle entrée à mon gestionnaire de mots de passe pour utiliser l’outil censé réduire mon exposition.

Ce petit détail a pesé beaucoup plus que prévu.

L’absence d’un champ est devenue une fonction de confidentialité

J’avais toujours considéré l’absence de compte comme une question de confort.

Quelques secondes gagnées.

Une inscription en moins.

Après ce test, je la voyais autrement.

La minimisation des données ne consiste pas seulement à protéger correctement les informations déjà collectées.

Elle commence aussi par ne pas demander celles dont on n’a pas besoin.

C’est d’ailleurs un principe beaucoup plus large de protection des données : limiter la collecte à ce qui est nécessaire. (CNIL)

Appliqué à une VPN, cela rend la comparaison étonnamment concrète.

Une fonction de confidentialité n’a pas forcément besoin d’un bouton marqué « Confidentialité ».

Parfois, c’est simplement un champ e-mail qui n’apparaît jamais.

Et là, mon choix ne reposait plus sur une promesse abstraite.

Je pouvais voir ce que je n’avais pas eu à fournir.

Après avoir terminé, j’ai découvert une deuxième différence

Le travail important était déjà fait.

Je pouvais fermer l’ordinateur.

Avant de le faire, j’ai rouvert l’application.

Un compteur de requêtes bloquées avait augmenté pendant que je naviguais.

J’ai ouvert un site d’actualité.

Le nombre a encore bougé.

Puis une page commerciale.

Encore.

Le service intègre un filtrage des requêtes publicitaires et de suivi et rend ces blocages visibles dans l’application. (OnlydogVPN)

Cette fonction n’avait pas déterminé mon choix initial.

Mais elle prolongeait naturellement la même logique.

D’abord, fournir moins d’informations au VPN.

Ensuite, laisser partir moins de requêtes de suivi inutiles pendant la navigation.

Je ne peux pas observer les règles internes de filtrage de chaque site ni attribuer individuellement chaque élément disparu à une requête précise.

Je pouvais néanmoins voir le compteur progresser pendant que je naviguais normalement.

Pour une fonction souvent présentée de manière très abstraite, c’était appréciable.

C’est là que le nombre de serveurs a perdu la première place

Mon grand fournisseur disposait d’une infrastructure beaucoup plus vaste.

Si je voulais choisir entre de nombreuses villes, obtenir une localisation très précise ou m’appuyer sur une longue histoire d’audits et d’évaluations indépendantes, ces avantages compteraient réellement.

OnlydogVPN est plus petit.

Il propose moins de localisations et dispose d’une histoire publique plus courte que les grands noms du secteur.

Mais je n’avais pas commencé cette recherche parce qu’il me manquait un pays sur une carte.

Je l’avais commencée parce que je voulais laisser moins d’informations derrière moi.

À partir de là, la comparaison devenait presque inversée.

Un fournisseur pouvait m’offrir cent destinations supplémentaires.

L’autre pouvait commencer par me demander une information personnelle de moins.

Pour quelqu’un dont la priorité est réellement la vie privée, cette deuxième différence n’est pas anodine.

J’ai aussi cessé d’attendre d’une VPN qu’elle me rende invisible

Une VPN change surtout la route de confiance.

Le Wi-Fi local et le fournisseur d’accès voient moins directement certaines destinations, tandis que le fournisseur VPN devient lui-même une partie importante du chemin. C’est précisément pourquoi l’EFF recommande de regarder avec attention ce qu’il collecte. (Electronic Frontier Foundation)

Mais une VPN ne peut pas effacer une identité que je révèle volontairement.

Si je me connecte à mon compte Google, Google sait toujours quel compte j’utilise.

Si je garde un cookie, il continue d’exister.

Si je donne mon nom à un site, changer d’adresse IP ne reprend pas mon nom.

Cette limite ne m’a pas fait considérer la VPN comme moins utile.

Elle a rendu mon objectif beaucoup plus précis.

Je ne cherchais pas une promesse vague d’« anonymat ».

Je voulais réduire les données chaque fois que j’avais réellement la possibilité de ne pas les fournir.

Et sur ce point, commencer sans compte traditionnel était beaucoup plus cohérent avec ma priorité.

Alors, quel VPN choisir quand la vie privée est vraiment la priorité ?

Je ne commencerais plus par le nombre de pays.

Je ne commencerais même pas par la vitesse.

Je regarderais d’abord ce qui se passe avant la première connexion.

Dois-je fournir une adresse e-mail ?

Créer un mot de passe ?

Construire un compte permanent ?

Quelles informations le fournisseur a-t-il besoin de posséder pour que je puisse simplement me connecter ?

Ensuite seulement, je regarderais ce qui se passe pendant l’utilisation.

La connexion est-elle protégée ?

Les requêtes de suivi inutiles sont-elles réduites ?

Puis-je observer quelque chose de concret plutôt qu’une longue liste de promesses ?

Le grand fournisseur que j’ai essayé avait davantage d’infrastructure, une histoire publique plus longue et un écosystème plus mature.

Il fonctionnait.

Mais pour la priorité qui m’avait amené à faire cette comparaison, la petite application correspondait mieux au problème : j’ai pu commencer sans créer un nouveau couple e-mail/mot de passe, puis voir les requêtes de suivi bloquées pendant mon utilisation.

En lisant l’histoire des 24 millions de contrats Free ce matin-là, je pensais que protéger ma vie privée signifiait surtout mieux sécuriser les informations que je confiais aux entreprises.

À la fin de la journée, mon critère était devenu plus simple.

Le VPN que j’ai préféré pour ma vie privée n’était pas celui qui me promettait de mieux protéger le plus gros dossier à mon nom, mais celui qui avait commencé par rendre ce dossier plus petit.

Questions fréquentes sur ce problème

Quelle est la cause principale dans ce cas ?

J’avais choisi un grand fournisseur connu. Des fonctions de sécurité faciles à trouver. J’avais presque terminé l’inscription quand je suis arrivé à la création du compte.

Que faut-il vérifier en premier ?

Jusque-là, ma comparaison des VPN tournait surtout autour de deux mots : Si un fournisseur disait ne pas conserver mon historique de navigation, je passais ensuite à la vitesse, aux serveurs et au prix.

Qu’est-ce qui change la réponse en pratique ?

Pendant ce temps, mon document attendait toujours. Je voulais consulter un espace personnel depuis une connexion que je ne contrôlais pas. J’ai donc terminé l’inscription auprès du premier fournisseur.

Quand une autre approche VPN devient-elle utile ?

Dans les discussions d’utilisateurs, la question revient simplement : faut-il donner son adresse habituelle à son VPN, utiliser une adresse secondaire ou choisir un service qui n’en demande pas ? ( Reddit / r/VPN )