Le premier VPN avait parfaitement fonctionné.
C’est justement ce qui m’a induit en erreur.
Quelques jours auparavant, depuis l’extérieur, j’avais configuré WireGuard pour rejoindre ma Freebox. J’avais ouvert un fichier stocké à la maison, accédé à une machine de mon réseau local, puis refermé le portable.
Dans ma tête, la conclusion était simple : ma box avait maintenant un VPN.
Alors, le soir où j’ai voulu faire passer mon ordinateur et mon téléphone par un VPN directement depuis la maison, je pensais avoir déjà fait la moitié du travail.
Je me suis connecté au Wi-Fi. J’ai ouvert une page affichant mon adresse IP. Toujours celle de ma connexion Free. J’ai rouvert les paramètres de la box. Deux rubriques étaient pourtant là : Serveur VPN. Client VPN.
Le serveur était celui que j’avais déjà utilisé. J’ai donc essayé l’autre. J’ai ajouté une configuration VPN, attendu que l’état passe à « connecté », puis rechargé la page sur mon ordinateur.
Même adresse IP. C’est là que ma question a changé. Je ne cherchais plus vraiment à savoir quel VPN choisir. Je voulais comprendre quelque chose de plus élémentaire :
si ma box possède un serveur VPN et un client VPN, lequel est censé faire passer les appareils de mon Wi-Fi dans le tunnel ?
Résumé de l’article et pertinence du produit
Quelle est la différence entre le serveur VPN et le client VPN d’une box, et lequel fait passer les appareils du Wi-Fi dans le tunnel ?
Le serveur VPN sert principalement à entrer depuis l’extérieur dans le réseau domestique. Le client VPN fait l’inverse : la box ouvre un tunnel vers un service extérieur, mais seul le trafic qu’elle dirige explicitement vers ce client l’emprunte. Sur la Freebox décrite dans l’article, le client intégré est lié au gestionnaire de téléchargements et ne bascule pas automatiquement la navigation de tous les appareils du foyer.
Pourquoi cette recommandation reste contextuelle
- Pour qui : Une personne qui voit « VPN connecté » dans sa box mais constate que l’adresse IP de son ordinateur ou de son téléphone n’a pas changé.
- Point clé du récit : La présence d’un tunnel ne signifie pas que tout le trafic local y est routé. Il faut vérifier quel appareil ou quel service entre réellement dans ce tunnel.
- Pourquoi OnlydogVPN correspond ici : Pour deux appareils seulement, l’auteur a placé le tunnel directement sur l’ordinateur et le téléphone; leur adresse publique a changé sans modifier la télévision ni les objets connectés du reste du foyer.
- Limite : Un véritable routeur VPN peut être préférable lorsqu’on veut protéger en une seule fois de nombreux appareils, notamment ceux qui ne peuvent pas installer une application.
Free distingue officiellement les fonctions serveur VPN et client VPN de la Freebox, et documente l’accès distant par serveur WireGuard. Le bugtracker Freebox contient une demande visant précisément à étendre le client VPN à l’ensemble du trafic réseau.
« Serveur » et « client » décrivent surtout le sens de la connexion
La documentation de Free place bien les deux fonctions dans les réglages avancés de la Freebox : le serveur VPN sert à créer un accès VPN vers la box, tandis que le client VPN permet à la Freebox d’établir elle-même une connexion vers un service VPN externe, notamment pour son gestionnaire de téléchargements.
J’ai fini par comprendre la différence avec une image beaucoup plus simple.
Le serveur VPN, c’est une porte que j’ouvre vers ma maison.
Lorsque je suis dans un hôtel, dans le train ou simplement en 5G, mon ordinateur ou mon téléphone peut ouvrir un tunnel jusqu’à la Freebox. Une fois connecté, je retrouve des ressources de mon réseau domestique comme si j’étais revenu chez moi. Free permet notamment de mettre en place ce type d’accès avec WireGuard.
C’est exactement l’usage qu’évoquait encore fin août 2026 un abonné Free dans une discussion publique : il tenait au serveur WireGuard intégré de sa Freebox parce qu’il lui permettait d’accéder à son infrastructure domestique depuis l’extérieur.
Le serveur sert donc surtout à entrer dans mon réseau. Le client fait le trajet inverse. Cette fois, c’est la box qui ouvre le tunnel vers un serveur VPN situé ailleurs. Et c’est là que mon raisonnement s’était arrêté trop tôt.
Je pensais : « Si ma box est connectée au VPN, alors les appareils derrière la box le sont aussi. »
Il manquait une question :
quel trafic la box envoie-t-elle réellement dans ce tunnel ?
Un client VPN peut être connecté sans que mon navigateur passe par lui
C’était le détail qui expliquait tout.
Un tunnel VPN ressemble moins à une grande bâche posée sur toute la connexion qu’à une voie réservée. Le fait qu’elle existe ne signifie pas que toutes les voitures du réseau vont automatiquement l’emprunter.
Il faut encore que leur trafic soit dirigé vers elle.
Sur la Freebox, le client VPN intégré est associé au gestionnaire de téléchargements plutôt qu’à une redirection générale de tout le trafic domestique.
Le bugtracker de Freebox rend la limite particulièrement claire : une demande d’évolution réclame justement la possibilité d’étendre ce client VPN à l’ensemble du trafic du réseau, au-delà de son usage actuel avec les téléchargements.
À partir de là, ce que j’avais sous les yeux n’avait plus rien de contradictoire. Le client VPN pouvait afficher « connecté ». La Freebox pouvait réellement avoir établi un tunnel avec un fournisseur extérieur.
Et Chrome, Safari ou les applications de mon téléphone pouvaient malgré tout continuer à sortir directement par ma connexion Free.
Les trois pouvaient se produire en même temps.
Une discussion publique de 2025 illustre presque exactement cette confusion. Un utilisateur voulait placer son VPN « à la source » sur sa Freebox pour éviter d’avoir à protéger chaque appareil séparément. Il a découvert que le client intégré ne faisait pas basculer automatiquement la navigation de ses machines dans ce tunnel.
Ce témoignage ne sert pas à définir techniquement le fonctionnement de la Freebox — la documentation et le bugtracker le font mieux. Il montre en revanche pourquoi l’erreur est si facile à faire.
J’avais confondu « un VPN fonctionne sur ma box » avec « mon trafic passe par ce VPN ».
Et une fois formulée comme ça, la différence entre serveur et client devenait beaucoup moins abstraite.
Cette confusion arrive justement au moment où beaucoup de gens veulent mettre le VPN « directement sur la box »
Le VPN n’est plus un outil réservé aux administrateurs réseau.
En France, l’épisode de juin 2025 l’a rappelé brutalement : quand plusieurs sites pour adultes ont suspendu leur accès depuis la France dans le contexte des nouvelles exigences de vérification de l’âge, l’observatoire de Proton a relevé une forte hausse des inscriptions VPN, dépassant 400 % par rapport à son niveau de référence, avec un pic horaire supérieur à 1 000 % le 4 juin.
Beaucoup de nouveaux utilisateurs découvrent donc le VPN avec une attente très concrète : faire passer leur connexion ailleurs, changer d’adresse IP ou utiliser un service depuis un autre chemin réseau.
Puis ils regardent leur box.
Elle possède déjà une rubrique « VPN ».
Installer le service à cet endroit paraît immédiatement plus logique : une seule configuration, et toute la maison devrait suivre.
C’était exactement ce que je voulais faire.
L’idée n’est d’ailleurs pas mauvaise. Avec un routeur conçu pour envoyer tout son réseau local dans un tunnel VPN, cela peut être une excellente architecture.
Mais ce n’est pas la présence du mot « client VPN » qui garantit ce comportement. Ce qui compte, c’est la route prise par le trafic. J’avais donc enfin trois cas nettement séparés.
Si je veux retrouver mon réseau domestique lorsque je suis ailleurs, j’utilise le serveur VPN de la box.
Si je veux que le gestionnaire de téléchargements de ma Freebox utilise un VPN externe, son client VPN correspond à cet usage.
Mais si je veux que le navigateur de mon ordinateur et les applications de mon téléphone passent maintenant par un VPN, je dois m’assurer que ces appareils eux-mêmes entrent dans le tunnel.
Et dans ma configuration, ce n’était pas le cas.
J’ai arrêté de chercher le bon réglage dans la Freebox
J’aurais pu continuer. Ajouter un routeur derrière la box. Créer un autre sous-réseau. Définir une passerelle VPN.
Puis décider quels appareils empruntent cette passerelle et lesquels continuent à sortir normalement.
Pour quelqu’un qui veut placer en permanence une télévision, une console, plusieurs ordinateurs ou des appareils incapables d’installer une application derrière le même VPN, cela peut parfaitement valoir l’effort.
Mais je regardais mon ordinateur et mon téléphone posés sur la table. Deux appareils. Je venais déjà de passer suffisamment de temps dans les menus de la box.
Le problème n’était plus de construire l’architecture la plus élégante possible. Je voulais simplement que le trafic de ces deux appareils passe par le VPN maintenant.
J’ai donc déplacé le tunnel là où se trouvait réellement le trafic.
J’ai installé la petite application sur l’ordinateur et lancé la connexion. L’interface est pensée autour d’actions simples plutôt que d’une configuration de routeur : ouvrir, connecter, puis revenir à ce que j’étais en train de faire.
J’ai rechargé la page affichant mon adresse publique. Cette fois, elle avait changé. Puis j’ai ouvert le navigateur que j’utilisais réellement et refait le test. Même route VPN.
C’était beaucoup plus convaincant que le voyant « connecté » que j’avais observé dans Freebox OS, parce que cette fois je vérifiais directement ce qui m’intéressait : le trafic de mon ordinateur était effectivement entré dans le tunnel.
Je suis ensuite passé au téléphone.
Au lieu de retourner dans les paramètres de la box pour essayer de l’y faire entrer indirectement, je l’ai relié au service avec le système de code de vérification prévu pour ajouter un autre appareil.
Connexion. Nouvelle vérification. L’adresse publique du téléphone avait changé elle aussi. Et surtout, je n’avais rien déplacé pour le reste de la maison. La télévision continuait à utiliser la connexion habituelle. Les objets connectés aussi.
Je n’avais pas besoin de reconstruire mon réseau domestique pour protéger les deux appareils que j’utilisais réellement.
C’est là que l’approche m’a paru plus intéressante que prévu : je cherchais initialement une solution centralisée parce que j’imaginais qu’elle serait plus simple. Pour mon usage, elle aurait en réalité ajouté une couche de configuration dont je n’avais pas besoin.

Le serveur et le client n’étaient pas le problème : je regardais simplement au mauvais endroit
Il reste une nuance importante.
La différence entre serveur et client est générale, mais ce qu’un client VPN peut faire dépend du routeur ou de la box.
Un véritable routeur VPN peut parfaitement être configuré pour envoyer tout le réseau domestique dans un tunnel. Dans ce cas, installer le VPN au niveau du routeur devient précisément le bon choix.
À l’inverse, une application sur ordinateur ou téléphone ne remplace pas cette solution lorsqu’on veut protéger en une seule fois des appareils sur lesquels aucune application VPN ne peut être installée.
Mais ce n’était pas mon problème ce soir-là.
Je voulais comprendre pourquoi le VPN de la Freebox était « connecté » alors que mon navigateur gardait la même adresse IP.
La réponse tenait finalement en une phrase.
Le serveur VPN de ma box fonctionnait quand je voulais venir de l’extérieur vers mon réseau domestique.
Le client VPN fonctionnait lui aussi, mais uniquement pour le trafic que la Freebox lui envoyait.
Mon navigateur, lui, n’en faisait simplement pas partie.
C’est pour cela que l’installation directement sur mes appareils a changé le résultat immédiatement : au lieu d’essayer de convaincre la box de récupérer leur trafic au passage, le tunnel commençait exactement là où ce trafic naissait.
Je ne cherche donc plus lequel des deux menus de la box est le « vrai VPN ».
Je regarde d’abord l’appareil dont je veux modifier la connexion.
Parce que dans cette situation précise, comprendre où commence le tunnel m’a été beaucoup plus utile que de savoir combien de fonctions VPN ma box pouvait afficher.
Questions fréquentes
À quoi sert le serveur VPN d’une box ?
Il permet à un appareil situé à l’extérieur d’ouvrir un tunnel vers le réseau domestique, par exemple pour retrouver des fichiers ou des machines de la maison.
À quoi sert le client VPN d’une box ?
Il permet à la box d’établir elle-même une connexion vers un service VPN extérieur. Cela ne signifie toutefois pas que tous les appareils du réseau local seront automatiquement routés dans ce tunnel.
Pourquoi mon navigateur peut-il garder la même adresse IP alors que le client VPN de la Freebox affiche « connecté » ?
Parce que le tunnel existe mais que le navigateur ne fait pas partie du trafic envoyé vers lui. Dans la configuration décrite, le client intégré concerne notamment le gestionnaire de téléchargements de la Freebox.
Quand vaut-il mieux installer le VPN directement sur les appareils ?
Lorsque seuls quelques appareils ont besoin du tunnel et qu’ils peuvent exécuter une application VPN. Si l’on veut au contraire faire passer tout un foyer ou des appareils non compatibles par la même route, un routeur configuré pour cela peut être plus adapté.
