Je n’avais pas prévu de comparer des VPN ce soir-là.
Je supprimais des comptes.
Un ancien service de livraison.
Deux boutiques où je n’avais commandé qu’une fois.
Une application utilisée pendant trois semaines.
Puis je suis arrivé à mon VPN.
Et je me suis rendu compte que je ne savais même plus précisément quelles informations je lui avais données au départ.
Adresse e-mail.
Mot de passe.
Historique d’abonnement.
Paiement.
Peut-être quelques données techniques supplémentaires.
Quelques jours auparavant, la CNIL avait annoncé avoir été saisie après le piratage du système d’information de la DGFiP, qui avait permis à un tiers de consulter et d’extraire des informations fiscales et cadastrales concernant des particuliers et des professionnels.
Le rapport avec mon VPN n’était évidemment pas que ces services stockaient les mêmes données.
L’incident avait simplement remis une question beaucoup plus personnelle au premier plan :
combien d’entreprises possèdent encore des informations sur moi uniquement parce que j’ai créé un compte un jour ?
J’ai ouvert les paramètres de mon VPN.
Je cherchais un bouton.
Supprimer le compte.
Je l’ai trouvé.
Mais cela m’a fait poser une deuxième question, plus gênante :
si mon objectif est la confidentialité, pourquoi est-ce que je commence toujours par regarder comment supprimer mes données après les avoir données ?
Je pensais que « supprimer son compte » était le test final
La CNIL distingue clairement fermeture de compte et effacement des données.
On peut demander la suppression d’un compte et certaines informations peuvent malgré tout devoir être conservées, notamment lorsqu’une obligation légale l’impose, comme pour certains documents comptables.
Un bouton « Delete account » n’est donc pas une gomme capable d’effacer rétroactivement tout ce qui a existé.
Mais le principe qui m’a davantage servi se trouvait encore plus en amont :
ne collecter que les données nécessaires, puis prévoir leur effacement lorsqu’elles ne le sont plus.
Cette idée a changé ma comparaison.
J’avais jusque-là deux colonnes :
Est-ce que le VPN paraît respectueux de la vie privée ?
Est-ce que je peux fermer mon compte ?
J’en ai ajouté une avant les deux autres :
qu’est-ce que je suis obligé de créer pour commencer ?
Parce qu’une adresse e-mail qui n’a jamais été demandée n’aura jamais besoin d’être supprimée d’une base de comptes.

Résumé de l’article et adéquation du produit
Comment comparer les données demandées par un VPN à l’inscription et la possibilité de supprimer son compte ?
L’article déplace le test vers l’amont : avant de demander comment effacer un compte, il faut regarder ce qu’il faut créer pour commencer. Moins de données demandées au départ réduit ce qu’il faudra ensuite gérer, tout en restant distinct d’une procédure claire de suppression.
Ce qu’il faut retenir
- À qui cela sert : aux utilisateurs qui veulent minimiser les identités de compte et vérifier leur possibilité de sortie avant de s’engager avec un VPN.
- Critère clé : séparer trois questions : données nécessaires à l’entrée, taille de l’identité créée autour du service, et procédure documentée de suppression ou d’effacement.
- Quand OnlydogVPN a du sens : pour l’usage de base testé dans l’article, lorsqu’on veut vérifier le service sans créer immédiatement un couple e‑mail/mot de passe conventionnel.
- Limite importante : la politique publique prévoit aussi des données de compte, d’abonnement, de paiement et d’usage dans certains parcours ; l’absence d’inscription classique au premier lancement ne signifie donc pas absence totale de données.
Sources déjà utilisées dans l’article
CNIL : minimiser les données collectées · CNIL : droit à l’effacement · OnlydogVPN : politique de confidentialité
Source produit : site officiel OnlydogVPN.
Proton m’a montré à quoi ressemble une sortie bien documentée
J’ai commencé par Proton, parce que je connaissais déjà son écosystème et que sa procédure de suppression est facile à trouver.
Dans les paramètres du compte, on peut choisir de supprimer définitivement son Proton Account. Proton précise que cette suppression concerne le compte dans son ensemble et les données qui y sont liées.
C’est rassurant.
Pas de chasse au formulaire caché.
Pas besoin de deviner si « annuler l’abonnement » signifie également « supprimer mon identité de compte ».
Mais cette clarté m’a aussi montré le revers de l’intégration.
Un Proton Account peut servir à Proton Mail, Calendar, Drive, Pass et aux autres services de l’écosystème. Supprimer le compte affecte donc tous ces produits.
Si j’utilise seulement le VPN, ce n’est pas forcément gênant.
Mais si j’ai progressivement adopté plusieurs services, le bouton de sortie devient beaucoup plus lourd.
Je voulais supprimer la relation avec un VPN.
Pas forcément décider, dans le même geste, du sort de ma messagerie, de mes fichiers et de mon gestionnaire de mots de passe.
Ce n’était plus seulement une question de possibilité de suppression.
C’était une question de taille de l’identité créée autour du VPN.
Mullvad a poussé cette idée encore plus loin
J’ai ensuite regardé Mullvad.
Là, mon ancienne logique a pris un coup.
Au lieu de commencer par mon nom, mon adresse e-mail ou un mot de passe, le service génère un numéro de compte aléatoire. Mullvad indique explicitement ne pas demander de nom d’utilisateur, de mot de passe ni d’adresse e-mail lors de la création du compte.
J’ai généré le numéro.
C’était tout.
Soudain, ma question sur la suppression ressemblait presque à l’étape deux d’un problème déjà fortement réduit à l’étape une.
Mullvad documente également la suppression du compte. Selon la plateforme, elle peut être déclenchée dans l’application ou demandée au support, et la suppression est irréversible.
Si ma comparaison s’était arrêtée à :
« Quel fournisseur possède la documentation publique la plus claire sur un compte pseudonyme avec très peu de données personnelles ? »
Mullvad aurait été très difficile à dépasser.
Mais mon ménage numérique m’avait déjà déplacé vers une question encore plus radicale.
Même un compte réduit à un numéro reste un compte à créer, conserver et éventuellement supprimer.
Je me demandais maintenant si j’avais besoin d’en créer un dès le départ simplement pour essayer un VPN.
Le compte le plus facile à supprimer est parfois celui que je n’ai pas encore créé
C’est à ce moment-là que j’ai ouvert OnlydogVPN↗.
Je connaissais déjà la particularité de son utilisation de base, mais je l’avais jusque-là surtout considérée comme un gain de temps.
Cette fois, je la regardais comme une question de données.
Dans la version testée, je pouvais commencer sans passer d’abord par le parcours conventionnel :
adresse e-mail ;
mot de passe ;
confirmation de l’adresse ;
connexion au nouveau compte.
J’ai ouvert l’application.
J’ai lancé la connexion.
Puis je suis allé vérifier que le tunnel faisait réellement son travail.
Adresse IP modifiée.
Pages ouvertes normalement.
Connexion utilisable.
Et, avant même de parler de suppression, j’avais déjà obtenu quelque chose que mes autres comparaisons ne mesuraient pas :
je venais d’essayer le service sans créer une nouvelle identité e-mail/mot de passe uniquement pour savoir s’il me convenait.
Après une soirée passée à effacer d’anciens comptes, ce détail n’avait plus rien de théorique.
Je n’avais rien à ajouter à mon gestionnaire de mots de passe.
Aucun e-mail de bienvenue à retrouver deux ans plus tard.
Aucun mot de passe oublié à réinitialiser juste pour demander ensuite la fermeture du compte.
Le service avait retiré une partie du problème avant même que j’aie besoin de le résoudre.
Cette fois, j’ai vérifié la sortie avant de décider de rester
Je ne voulais pas m’arrêter à la facilité du premier lancement.
J’ai donc ouvert la politique de confidentialité du petit service.
C’était la deuxième moitié du test.
À l’entrée : combien d’informations dois-je fournir ?
À la sortie : existe-t-il un moyen annoncé de mettre fin au compte ?
Cette combinaison m’intéressait davantage qu’une longue promesse générale sur la confidentialité.
Dans l’usage de base que j’avais sous les yeux, je pouvais déjà tester le service sans créer le couple e-mail/mot de passe que j’avais pris l’habitude de considérer comme obligatoire.
Pour quelqu’un qui vient justement de passer une soirée à nettoyer des comptes oubliés, c’est un avantage très concret.
La documentation publique devrait toutefois mieux distinguer les différents parcours
En lisant plus loin, j’ai trouvé un point qui mérite d’être clarifié.
La politique de confidentialité publique énumère parmi les catégories pouvant être traitées des informations de compte telles que l’e-mail, le mot de passe et l’historique de connexion, ainsi que des données d’abonnement, de paiement et certaines données d’usage.
Les conditions générales parlent également de comptes dans le cadre des services payants.
Ce vocabulaire est plus large que l’expérience de base que je venais de tester sans inscription conventionnelle.
Pour moi, la conclusion est simple : l’absence d’e-mail et de mot de passe au premier lancement ne doit pas être transformée en promesse beaucoup plus large selon laquelle aucune donnée personnelle ne pourrait jamais exister dans le service.
Un paiement, une demande au support ou certaines fonctions associées à un compte peuvent forcément créer d’autres traces.
La documentation gagnerait donc à séparer plus nettement l’usage de base sans compte conventionnel des parcours payants ou associés à un compte.
C’est sa limite la plus visible dans cette comparaison.
Mais elle ne change pas le point qui comptait pour moi ce soir-là :
je pouvais déjà savoir si l’application me convenait avant de créer une nouvelle identité de compte classique.
Une discussion sur la suppression de comptes m’a fait comprendre pourquoi ce détail comptait autant
En mai 2026, un utilisateur de r/privacy racontait avoir commencé à auditer plusieurs centaines de comptes accumulés dans son gestionnaire de mots de passe.
Ce qui l’épuisait n’était pas uniquement leur nombre.
Je reconnaissais parfaitement ce problème.
Pendant des années, j’avais traité la création d’un compte comme un geste gratuit.
Quelques champs.
Quelques secondes.
Terminé.
Mais l’inscription ne coûte presque rien le jour où on la fait.
Le coût apparaît plus tard.
Quand l’adresse fuite.
Quand le service change.
Quand le mot de passe doit être remplacé.
Quand je veux savoir quelles données sont encore conservées.
Ou quand je découvre que « annuler » et « supprimer » sont deux opérations différentes.
À partir de là, le formulaire d’inscription n’était plus une formalité placée avant le produit.
Il faisait partie du produit.
Je ne cherche donc plus seulement le meilleur bouton « supprimer »
Mullvad va très loin dans la minimisation : un numéro aléatoire remplace l’e-mail, le nom d’utilisateur et le mot de passe conventionnel, et la suppression du compte est documentée.
Le petit service prend une autre voie qui correspond davantage à ce que je cherchais : pour l’usage de base que j’ai testé, je pouvais commencer avant de créer cette relation de compte conventionnelle, tout en disposant d’une procédure de suppression documentée si un compte entre ensuite dans le parcours.
Il possède moins d’historique public et moins d’évaluations indépendantes que ces fournisseurs établis, et sa documentation sur les différents parcours de compte devrait être plus précise.
Mais après avoir passé ma soirée à supprimer des identités numériques créées presque machinalement, ce qu’il retirait du début du parcours me paraissait soudain beaucoup plus important que je ne l’aurais imaginé.
Je pensais chercher le VPN doté du bouton de suppression le plus rassurant.
J’ai fini par regarder d’abord ce qui existerait réellement derrière ce bouton.
Entre un compte facile à effacer et un service qui me laisse d’abord vérifier s’il me convient sans créer une nouvelle adresse e-mail et un nouveau mot de passe à effacer plus tard, je préfère désormais commencer par la seconde porte.
Questions fréquentes
Supprimer un compte signifie-t-il que toutes les données disparaissent immédiatement ?
Non. L’article rappelle, à partir de la CNIL, que certaines informations peuvent devoir être conservées lorsqu’une obligation légale l’impose. Fermeture du compte et effacement complet ne sont donc pas toujours identiques.
Pourquoi regarder les données demandées avant même la création du compte ?
Parce qu’une donnée qui n’est jamais demandée n’aura pas à être gérée, protégée ou supprimée plus tard. L’article traite le formulaire d’inscription comme une partie du produit de confidentialité.
Quelle différence l’article observe-t-il entre Proton et Mullvad ?
Proton documente clairement la suppression d’un compte pouvant couvrir plusieurs services, tandis que Mullvad réduit l’identité initiale à un numéro aléatoire sans demander de nom d’utilisateur, mot de passe ou e‑mail conventionnel.
Commencer sans e‑mail ni mot de passe garantit-il qu’aucune donnée personnelle ne sera jamais traitée ?
Non. L’article souligne que paiement, support, abonnement ou fonctions associées à un compte peuvent créer d’autres traces et que la documentation d’OnlydogVPN couvre des catégories de données plus larges selon le parcours.
